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La forêt québécoise : un champ de bataille

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Si vous habitez les centres urbains, vous êtes sans doute plutôt indifférents au fait que la forêt québécoise est devenue un champ de bataille où s’affrontent les entreprises forestières et les brigades écolos, tout particulièrement Greenpeace.

Si vous habitez les centres urbains, vous êtes sans doute plutôt indifférents au fait que la forêt québécoise est devenue un champ de bataille où s’affrontent les entreprises forestières et les brigades écolos, tout particulièrement Greenpeace.

J’attire donc de nouveau votre attention sur les dégâts économiques qui résultent de cet affrontement dans les régions forestières du Québec. Concrètement, ce sont des fermetures de machines à papier et de scieries accompagnées de pertes de centaines d’emplois.

Il faut surtout savoir que l’objet du litige n’est nullement le régime forestier du Québec. En cette matière, les entreprises qui se sont vu retirer des certifications FSC ne les ont pas perdues parce qu’elles violaient les normes encadrant la récolte de matière ligneuse et l’aménagement sylvicole.

J’arrive tout juste de mon chalet de chasse et pêche, situé dans un territoire où a eu lieu, il y a une dizaine d’années, une exploitation forestière dans le respect des règles et de la loi. La récolte s’est faite «en mosaïque», c’est-à-dire que moins de 50 % des arbres ont été abattus.

Aujourd’hui, la forêt est en pleine régénération. Et je peux vous assurer que la faune se porte très bien et que lacs et rivières sont en excellente santé.

Deux obsessions

Alors, pourquoi cet acharnement guerrier de Greenpeace contre l’industrie forestière québécoise? À cause de son hostilité doctrinaire envers la grande entreprise capitaliste? Sans doute! Mais c’est surtout parce que la multinationale écolo a deux obsessions: le caribou forestier et les Autochtones.

Dans Le cas du caribou forestier, Greenpeace n’exige rien de moins que 10 000 kilomètres carrés dans le secteur des montagnes Blanches deviennent une aire protégée afin d’assurer la survie de cette nouvelle espèce récemment apparue.

Savez-vous ce que cela signifierait uniquement pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean? La disparition d’au moins 1000 emplois! Et pour Greenpeace, ce n’est pas négociable. «Le caribou d’abord, l’être humain ensuite», tel est l’article de foi de Greenpeace.

Concernant les Cris, Greenpeace exige que les entreprises obtiennent leur accord avant la coupe d’un seul arbre.

Lucien Bouchard a été nommé par le gouvernement pour conclure un accord avec les Cris. Y aura-t-il une entente? C’est loin d’être assuré. Et si oui, quand aura-t-elle lieu?

Je vous rappelle que «l’approche commune» avec les Innus, devant conduire à des traités, existe depuis une vingtaine d’années. Et il n’y a toujours rien de signé. Ça laisse perplexe!

Et les pertes d’emplois résultant du piétinement des négociations, qu’en pense Greenpeace? C’est le cadet de ses soucis!

Et qu’advient-il de la prise en compte des intérêts des communautés locales et régionales concernées, un des fondements du «développement durable»? Greenpeace s’en fout!

Des propos insipides

Le plus affligeant dans ces hostilités, c’est de voir la classe politique se défiler et ne tenir que des propos insipides du genre «il faudrait que les parties se parlent».

La belle affaire! Greenpeace, dans toute son histoire, n’a jamais opté pour des pourparlers. Sa méthode de travail, c’est l’intimidation et le chantage.

Le gouvernement ne peut pas ignorer que Greenpeace est d’abord et avant tout une machine de guerre.

Il ne doit pas non plus ignorer ses responsabilités dans les dossiers portant sur le caribou forestier et lesautochtones.

Et il doit aussi poursuivre des pourparlers, non pas avec Greenpeace, mais avec l’instance qui octroie les certifications.

 

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