/opinion/blogs
Navigation

Pas facile la Sécurité publique

Pas facile la Sécurité publique
REUTERS

Coup d'oeil sur cet article

Quelle soit fédérale ou provinciale, la Sécurité publique n’est pas facile à manier. Les ministres responsables le savent et en font la démonstration dans leur quotidien. Des déclarations parfois étranges, sinon une absence de connaissances en font partie.

Au provincial

Que ce soit Lise Thériault qui, à Québec nous dit que les jeunes qui veulent quitter vers la djihad le font pour des raisons humanitaires. Je suis pas mal sûr qu’elle a fait cette déclaration de façon assez malhabile. Elle aurait du préciser sa pensée et elle voulait peut être le faire. Comment penser qu’elle peut ignorer toutes les exactions qui nous sont présentées au quotidien quand nos jeunes, une fois sur place en Syrie et en Irak, découvrent la torture, les viols, les décapitations et j’en passe.

Sauf que l’opposition, par la voix d’Agnès Maltais, a profité de la situation pour reprendre la ministre et accuser le gouvernement de se traîner les pieds.  Elle a rappelé, à juste titre, les déclarations du gouvernement qui a promis depuis plus d’un an un plan de lutte à la radicalisation islamiste. Il faut aussi contrer l’exode de jeunes femmes et hommes qui cherchent à joindre les rangs d’un groupe de fous furieux dont le fanatisme n’a pas d’égal.

Ce fameux plan devrait être présenté avant le 12 juin prochain à ce qu’il paraît. C’est la dernière journée avant la pause estivale pour l’assemblée nationale à Québec. Un projet de loi à venir ? On verra bien. Pendant ce temps, les policiers interceptent des ti-culs à l’aéroport International de Montréal.

Au fédéral

Là on prend les grands moyens, Loi C-51, moyens et budget pour la GRC et les Services de renseignements canadiens. Les arrestations de jeunes qui se multiplient. On veut lutter contre le terrorisme outre-mer et local. Rien de trop beau pour démontrer la pro-activité du gouvernement fédéral en cette période pré-électorale.

Sauf que...

Sur la scène locale, le ministre de la Sécurité publique du Canada, l’honorable Steven Blaney, sait aussi se mettre les pieds dans les plats. Et pas à peu près à part de ça. J’en veux pour exemple l’anecdote suivante.

Il y a quelques semaines, au mois de mars dernier, Steven Blaney s’est rendu dans les locaux de la station de télévision ADR. Vous ne connaissez pas ? C’est une petite station dédiée entièrement à la sécurité publique. Les services de police du Québec et la GRC nourrissent cette station de dossiers et d’informations qui sont diffusés en continu. Que ce soit des personnes disparues ou recherchées, ADR en parle tous les jours. Des familles dont des enfants sont disparus compte sur cette station pour parler encore et encore des leurs qui manquent à l’appel.

Est-ce que cette visite du ministre Blaney était en réponse au fait que la licence d’ADR viendra à échéance au mois d’août prochain ? Cette décision plus que douteuse du CRTC viendra mettre un terme à une voix nécessaire aux victimes et aux services de police, c’est d’une grande tristesse.

Toujours est-il que, le 4 mars dernier, le ministre allait rencontrer Vincent Geracitano, le président d’ADR et un groupe de policiers du Québec qui souhaitaient présenter à l’honorable la nécessité d’avoir un canal de communication publique et accessible à la population sur les ondes de cette petite station.
Cette visite de courtoisie s’est cependant gâtée quand un des policiers présents a fait part au ministre que ADR permettait de diffuser les alertes AMBER. La réponse du ministre a été pour le moins stupéfiante.

- C’est quoi ça une alerte AMBER aurait-il demandé ?

Mande pardon monsieur le ministre ? Vous connaissez tout du terrorisme et vous êtes prêts à faire ce qu’il faut pour le contrer. Mais vous ignorer ce qu’est une alerte AMBER ? Ce système d’alerte qui permet de transmettre rapidement des informations aux médias quand un enfant est victime d’un enlèvement ? Vous ne saviez pas que les policiers ne recherchent pas uniquement les criminels mais aussi les enfants disparus et enlevés ?

Allez-voir le lien suivant monsieur le ministre. L’alerte AMBER, crée au Etats-Unis d’Amérique en 1996 a été implantée au Québec en 2003. Vous y trouverez entre autres choses les informations suivantes :

L’alerte AMBER, qu'est-ce que c'est?
C’est un système d’information rapide mis en place lorsqu’une disparition d’enfant est signalée. Vu que les premières heures sont cruciales dans ce type de situation, l’alerte AMBER (Alerte Médiatique But Enfant Recherché) sollicite, par divers moyens de diffusion, la participation de la population afin de retrouver rapidement un enfant victime d’enlèvement et dont la sécurité physique ou la vie est en danger.

Bof, ça ne semble pas être très important de prendre tous les moyens possibles pour retrouver un enfant victime d’un enlèvement. On a juste à attendre qu’il atteigne l’âge de se rendre à l’aéroport pour aller gonfler les rangs d’une organisation de fanatiques et l’intercepter avant son départ. C’est plus « glamour » d’arrêter un « wanna be » terroriste que de retrouver un enfant de 5 ans.

Non, c’est pas facile la Sécurité publique...


 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.