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Marcel Aubut ne pouvait sauver les Nordiques

Marcel Aubut ne regrette pas d’avoir vendu les Nordiques il y a 20 ans

Marcel Aubut raconte qu’il en a beaucoup voulu à la Ville et au maire Jean-Paul L’Allier de ne pas l’avoir appuyé dans son combat pour la survie des Nordiques à Québec.
Photo Le Journal de Québec, Didier Debusschère Marcel Aubut raconte qu’il en a beaucoup voulu à la Ville et au maire Jean-Paul L’Allier de ne pas l’avoir appuyé dans son combat pour la survie des Nordiques à Québec.

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Le 25 mai 1995, Marcel Aubut annonçait la vente des Nordiques de Québec au groupe Comsat Communications pour transférer le club au Colorado. Même si cette décision lui a «arraché le cœur», vingt ans plus tard, il n’a aucun regret.

«On avait plusieurs offres. Les acheteurs voyaient bien qu’on était dans la merde jusqu’aux oreilles, sans édifice neuf, et qu’on ne pourrait pas survivre. Il n’y avait rien d’autre à faire...», laisse-t-il tomber en entrevue avec Le Journal.

Le club était sous respirateur. Les actionnaires voulaient un nouveau Colisée annexé à un casino pour renflouer les coffres de l’équipe. Mais les négociations avec le gouvernement de Jacques Parizeau ont échoué. Aubut critique encore aujourd’hui «l’absence de soutien de la Ville» et du maire Jean-Paul L’Allier.

«Mais j’en ai voulu beaucoup au fait que la Ville ne m’appuyait pas. C’était dur pour le gouvernement provincial de donner quelque chose si la Ville n’était pas là. D’un autre côté, j’ai toujours respecté la décision. Celle de dire: on ne sait pas où va s’arrêter cette inflation des salaires, il n’y a pas de cap et on va peut-être finir avec une grève... On avait lâché prise.»

«Moi, j’ai imploré mes collègues propriétaires [Métro-Richelieu, Daishowa, La Capitale, O’Keefe, Autil inc. et le Fonds de solidarité de la FTQ] et je leur ai dit: “Attendons au moins un an.” Ils m’ont dit que ça serait ridicule de faire ça pour un an parce qu’on ne voyait pas d’espoir. Ils avaient raison. Il nous restait un an puis après, on était morts.»

Un « traître » réhabilité

Marcel Aubut, troisième à partir de la gauche, lors de la conférence de presse annonçant la vente des Nordiques.
Photo d’archives
Marcel Aubut, troisième à partir de la gauche, lors de la conférence de presse annonçant la vente des Nordiques.

Considéré comme un traître à l’époque par plusieurs partisans, Aubut estime que cette rancune fut bien éphémère. «Écoute, je suis devenu un Grand Québécois de ma ville après ça. D’habitude, tu t’en vas quand tu fais ça avec un club. Moi, j’ai été traité comme un roi ici. Les gens avaient compris que j’avais tout donné.»

Le magazine Maclean’s avait révélé qu’il avait empoché 15 M$ sur le montant de la vente de 75 M$. Une somme qu’il refuse de confirmer.

«C’est confidentiel, on ne parle jamais de ça.» Ce n’était pas une question d’argent, assure-t-il. «Moi, j’avais déjà des finances pour garantir toute ma vie avant de faire ça. Ça m’arrachait le cœur, c’était toute ma vie.»

Il ne souffre d’aucun complexe

Avec le recul, avez-vous des regrets sur votre carrière et vos choix? «Ça a l’air arrogant de répondre à ça parce que ma réponse est non. N’importe qui, dans sa vie, se demande: “Qu’est-ce que j’aurais pu faire mieux ou différemment?” Puis, honnêtement, je ne suis pas capable de trouver quoi», laisse tomber celui qui est devenu le premier président francophone du Comité olympique canadien en 2009. «Ma carrière d’avocat a été un succès, et le temps que j’ai passé à la Ligue nationale, je suis devenu un des gouverneurs les plus influents pendant plusieurs années. Je suis de plus en plus nommé dans des positions stratégiques dans le sport dans le monde. Quand t’es rendu sur la commission marketing la plus haute au CIO, tu as une influence énorme.

«J’aurais pu regretter que Dale Hunter parte, mais ça nous a donné Sakic. On n’a pas eu Lindros, sauf qu’on a eu un club au complet. La seule grande déception, et ç’a été un échec, c’est de ne pas avoir convaincu les autorités de tout faire pour garder les Nordiques puis d’attendre que le temps s’améliore avec un cap salarial.»

Optimiste

La construction d’un amphithéâtre tout neuf de 400 M$ cultive son optimisme. Québec, un jour, retrouvera ses Nordiques. Il en est convaincu. «L’édifice, c’est ça qui les a fait partir et c’est ça qui va les faire revenir.»

«Une franchise professionnelle, tu ne décides pas quand ça revient. Tu n’as aucun contrôle sur cette destinée-là. Une chose que je sais par contre: si tu gardes celle que tu as, t’es sûr d’en avoir une.»

 

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