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La fin d’un «monument historique»

Une dernière homélie célébrée devant plus de 2000 personnes chargée d’émotion

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L’émotion était à son comble, hier, au cours de la toute dernière célébration à l’intérieur des murs de l’église Saint-Jean-Baptiste, qui était remplie à craquer pour l’occasion.

Le clocher s’est fait entendre une dernière fois vers midi, soulignant la fin d’un «monument historique» qui a marqué la vie de plusieurs générations de croyants, estime l’abbé Pierre Gingras.

«Le plus émouvant a été de retrouver [à la fin de la messe] les gens sur le parvis de l’église, d’entendre les cloches sonner et les gens pleurer. Une chance que les cloches sonnaient, car je ne pouvais pas parler», lance avec émotion l’abbé Pierre.

Il a prononcé l’homélie de la fermeture au culte devant plus de 2000 personnes.

«On a été obligés d’ouvrir les galeries», ajoute-t-il.

L’église de la rue Saint-Jean est contrainte de fermer ses portes, faute de fonds. Elle coûte environ 170 000 $ d’entretien par année en plus des 10 millions $ estimés pour des travaux de réparations. «On se demande toujours pourquoi on en arrive là», se désole l’abbé Pierre.

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix s’est également dit attristé par cette fermeture. «Cet événement constitue un grand dépouillement, voire une perte douloureuse. Je tiens à me faire proche de vous, à vous assurer de ma prière en cette étape de la vie de votre communauté», a-t-il formulé dans une lettre aux paroissiens de Saint-Jean-Baptiste.

Citoyens tristes

«C’est tellement beau, ici. Je trouve ça décevant, insiste Darius Pasteur, un habitué de l’église. Je n’en crois pas mes yeux, j’espère qu’ils feront quelque chose», ajoute-t-il, à sa sortie de la célébration.

Pour sa part, Serge Michelin garde espoir en l’avenir de l’église Saint-Jean-Baptiste. «L’archevêché va garder une mainmise dessus, ça me rassure pour le futur», croit-il.

«C’est de valeur, c’est une belle église», ajoute un autre citoyen, Raymond Lizotte.

131 ANS D’HISTOIRE

  • Ouverture en 1884 Architecte: Joseph Ferdinand-Peachy
  • Munie d’un carillon à quatre cloches et d’orgues Casavant
  • Classée monument historique du Québec en 1990
  • Coût d’entretien annuel: 170 000 $
  • Coût des réparations: 10 millions $

 

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