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À la défense de Marcel Aubut

Nordiques
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Un proche collaborateur de Marcel Aubut à l’époque de la vente des Nordiques réitère que ce dernier a tout fait jusqu’à la dernière minute pour éviter que les Bleus ne deviennent les Rouges au Colorado.

Il aurait hésité de longues minutes avant d’apposer sa signature au contrat de 75 millions $ signé avec Comcast Communication, ce 25 mai 1995, il y 20 ans. Il a aussi tenté de joindre une dernière fois le premier ministre Jacques Parizeau, le matin même, afin de s’assurer que tout avait été fait et dit.

C’est ce qu’a déclaré au FM93 Luc Ouellet, qui faisait partie de la garde rapprochée de Marcel Aubut à l’époque. Ce dernier était donc aux premières loges dans les négociations entre le club et les gouvernements. Il témoigne, lundi, au lendemain d’une déclaration du maire de Québec, Régis Labeaume, dans laquelle il avance que les propriétaires ont simplement voulu «passer à la caisse» en vendant les Nordiques.

Il rappelle que l’équipe aurait perdu 57 millions $ dans les deux prochaines années et que dans les tentatives pour demander de l’aide aux gouvernements, «les portes se sont fermées les unes après les autres».

Perdre de l’argent pendant quelques années, «on aurait été prêt à le faire, mais pas sans qu’il y ait de solutions» à l’horizon. Pour lui, cette décision en était une d’affaires, un point c’est tout. Aubut «n’avait aucun intérêt à faire disparaître les Nordiques, c’était le gars le plus puissant à Québec avec son équipe», tranche M. Ouellet qui travaille aujourd’hui pour le cabinet de relations publiques National.

Le gouvernement du Québec avait formulé une offre à Marcel Aubut quelques jours avant la vente, selon les documents obtenus par l’animateur Sylvain Bouchard. Le 9 mai, le gouvernement de Jacques Parizeau aurait donc offert d’investir 17,5 millions $ dans l’équipe et d’éponger jusqu’à 70 % des pertes. On suggérait à la direction de vendre à Québec les parts des actionnaires non institutionnels, c’est-à-dire celles de Marcel Dutil et de Marcel Aubut.

Marcel Aubut réclamait de son côté, depuis plusieurs années, la construction d’un nouveau colisée (dont les coûts étaient estimés à 110 millions en 1993) accompagné d’un casino qui aurait permis de renflouer les coffres de l’équipe.

L’offre du gouvernement a d’ailleurs été déclinée, entre autres, parce qu’elle ne comprenait pas d’engagement sérieux pour la construction d’un nouveau colisée, a expliqué Luc Ouellet au FM93. Québec s’engageait à prendre une décision à cet égard d’ici la fin de 1996, mais posait des conditions irréalistes, selon M. Ouellet, comme le contrôle des salaires des joueurs, ce qui était impossible à l’époque.