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La foi qui déplace un monticule

La foi qui déplace un monticule
Martin Chevalier / JdeM

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Le gouvernement du Québec a mis 200 M$ sur les 400 M$ que nécessitait la construction d’un nouvel amphithéâtre, mais il serait fort étonnant qu’il injecte des centaines de millions pour un nouveau stade de baseball au centre-ville de Montréal.

Le gouvernement du Québec a mis 200 M$ sur les 400 M$ que nécessitait la construction d’un nouvel amphithéâtre, mais il serait fort étonnant qu’il injecte des centaines de millions pour un nouveau stade de baseball au centre-ville de Montréal.

En période d’austérité, cela ne passerait pas.

De plus, Québec a déjà le Stade olympique sur les bras, sans couvre-chef. Son partenariat dans le nouvel amphithéâtre de Québec visait aussi à étouffer les critiques sur les milliards dirigés vers Montréal pour son fonctionnement annuel, ses infrastructures et son transport en commun.

Or, les derniers administrateurs des Expos étaient convaincus qu’un nouveau stade au centre-ville était indispensable pour attirer suffisamment d’amateurs pour rendre le club rentable.

Le coût d’un nouveau stade est évalué à quelque 500 M$. Une étude menée en 2013 pour le compte de la Chambre de commerce de Montréal établissait à 335 M$ la contribution qui devrait venir de l’État.

La Ville de Montréal, pour sa part, vit aux crochets du gouvernement du Québec. Elle a bien d’autres priorités.

Il faut par ailleurs que des investisseurs privés réunissent au moins un autre 500 M$ pour l’achat d’une franchise existante qui deviendrait disponible.

Montréal, ville de baseball ?

Les Expos ont emménagé au Stade olympique en 1977. L’équipe a connu ses meilleures années aux guichets en 1982 et 1983, avec des assistances moyennes de 28 621 et 28 650.

Les assistances moyennes ont chuté par la suite jusqu’à 7935 en 2001 et à 9369 à la dernière année de l’équipe à Montréal.

Quand nous étions moins de 5000 mordus dans le stade, imaginez l’ambiance.

Si les personnes que j’entends plaider aujourd’hui pour un retour des Expos avaient soutenu l’équipe, elle serait encore à Montréal. Les gradins se sont certes remplis en avril dernier pour des parties hors concours, mais ces happenings ne font pas pour autant de Montréal «une ville de baseball».

Les jeunes Québécois ne pratiquent d’ailleurs à peu près plus ce sport. Il a été supplanté par le soccer. L’immigration contribue à ce transfert d’intérêt du baseball vers le soccer. Celui-ci a aussi envahi le monde scolaire.

Les terrains de baseball ont pour la plupart disparu du décor de nos municipalités, dans l’indifférence générale.

Baseball Québec affirme que le nombre de joueurs affiliés a connu une augmentation ces dernières années (25 %), après le profond creux de vague qui a suivi le départ des Expos, mais ce sport intéresse trois fois moins de jeunes que les 180 000 joueurs affiliés au soccer organisé, dont 90 % ont moins de 18 ans.

La foi de Coderre

On ne peut blâmer le maire Denis Coderre de croire aux avantages du retour d’une franchise des ligues majeures à Montréal et d’effectuer du démarchage à cette fin.

Mais les chances de réussite sont minces pour des raisons financières et la présence d’une équipe ne répond pas à un large désir dans la population, comme c’est le cas pour l’obtention d’une franchise de la Ligue nationale de hockey à Québec.

La foi de Denis Coderre suffira-t-elle pour déplacer un monticule?

 

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