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Le partenaire approprié: 5. La compatibilité émotive

Bloc hipster, couple
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Partant du principe que l’on ne peut donner que ce que l’on possède, nous acquérons de nos parents que le maximum de maturité émotive qu’ils ont atteint et nous choisissons un partenaire qui possède la même maturité – ou immaturité – émotionnelle que nous.

C’est en ce sens que notre partenaire est notre miroir et qu’il nous renvoie une image de nous-mêmes, quoique parfois quelque peu déformée. Les personnes possédant peu d’estime d’elle-même ­attireront nécessairement des personnes qui ont une faible estime d’elles-mêmes et qui sont à la recherche de quelqu’un qu’ils mettront sur un piédestal pour être ­validées par ce partenaire idéalisé.

La personne fusionnelle a peu de chances de former un couple avec une personne bien différenciée. Les femmes généreuses au côté maternel hyper ­développé attireront un homme «enfant gâté» immature qui veut se faire servir et certainement pas un homme autonome, capable de prendre soin de ses besoins.

L’homme narcissique attirera des admiratrices centrées sur elles-mêmes plutôt que des femmes altruistes et indépendantes. La «bonne petite fille» recherchera un père protecteur qui la manipulera et le «bon petit garçon», une femme qui l’exploitera. Ainsi de suite.

Ces couples émotionnellement immatures vivront nécessairement des crises qui pourraient leur permettre de se remettre en question, d’apprendre à se dépasser en prenant conscience de la dynamique ­intrapersonnelle qui les a poussés à choisir leur partenaire actuel et, ainsi, à élever leur niveau de maturité émotionnelle.

Malheureusement, il est plus facile de demander à l’autre de changer, de l’accuser de tous les torts, de divorcer et de trouver un autre partenaire semblable avec lequel recréer le même scénario... et le même désastre.

La maturité émotive

Les personnes ouvertes, confiantes, ­empathiques risquent fort d’attirer des personnes possédant la même maturité émotive. Les personnes autonomes, bien individualisées, responsables d’elles-mêmes, bien dans leur peau, en contrôle de leurs émotions, ouvertes aux autres attireront leur semblable et augmenteront ainsi leurs probabilités de former des couples heureux à long terme.

La maturité émotionnelle nécessaire à un amour véritable et durable est celle qui, paradoxalement, permet la fusion de deux partenaires sans perte d’autonomie. Ou comme dit le psychanalyste Éric Fromm dans L’Art d’aimer: «Dans l’amour accompli, il y a préservation de l’intégrité de l’individualité dans le sens paradoxal où deux êtres se permettent d’être un, tout en restant deux».

La réelle intimité émotive n’est possible qu’entre deux personnes fortement individualisées, mais capables de se laisser aller et de s’ouvrir pour permettre au ­couple des moments de fusion et des ­moments de défusion.

Contrairement à la croyance des ­couples malheureux, l’intimité n’est pas fusion et ne se limite nullement à la proximité sexuelle; elle est plutôt une relation facilitant l’attachement et le détachement, laissant ainsi chaque partenaire ­libre: «Je suis bien quand je suis avec toi et je suis bien quand je suis sans toi. Je n’ai pas besoin de toi pour me réaliser, mais je décide chaque jour de me réaliser avec toi et de t’aider à te réaliser avec moi, si tu le veux.»

Seuls les partenaires qui arrivent à cette maturité émotionnelle peuvent ­espérer former un couple heureux à très long terme. Cette maturité peut se développer grâce aux nombreuses confrontations que le couple permet, à la condition que ces «joutes» n’hypothèquent pas la confiance et le respect réciproques nécessaires à l’amour.

Qu’on le veuille ou non, la lune de miel est inévitablement suivie d’une certaine lutte pour le pouvoir. C’est cette lutte qui, par partenaire interposé, nous confronte à nous-mêmes. L’important est de ne pas se laisser envahir par les émotions de l’autre et de ne pas envahir l’autre de nos émotions en restant bien centré.