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Jacques Parizeau, courtois devant l'éternel.

Jacques Parizeau
Photo d'archives

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Tous les jours, pendant quelques années, je l’ai croisé. Fidèles au poste de la mise en forme physique dont nous étions tous les deux des adeptes. Puis soudain, l’automne dernier, plus de trace de lui... Je me doutais bien que cette triste nouvelle finirait par tomber. Jacques Parizeau est mort, lundi soir, à l’âge de 84 ans.

Je n’ai pas l’intention de tracer la biographie de l’homme politique ni d’analyser l’impact de sa longue et impressionnante carrière. Grand mandarin de l’État qu’il fut, un des fondateurs du Québec inc, poids lourd du gouvernement Lévesque, premier ministre du Québec... D’autres le feront mieux que moi.

Je préfère plutôt vous parler bien humblement de mon expérience personnelle avec «Monsieur». Non pas que je le connaissais personnellement. Nous n’étions pas des proches. C’est que l’ancien premier ministre et moi, on habitait le même quartier, nous étions voisins.

Si je l’ai croisé tous les jours pendant quelques années, c’est que lui et moi, on nageait dans la même piscine. Chaque matin, à la même heure, tous les deux réglés comme des horloges. Lui, grand discipliné dans sa routine d’aquaforme. Moi, qui enfilais les longueurs de crawl juste à côté.

Comme je l’ai toujours trouvé sympathique et que j’étais grande admiratrice du personnage authentique, c’était plus fort que moi.... Je ne pouvais m’empêcher de lui lancer un bonjour. Entre deux brassées, lui demander s’il avait lu telle chronique, entendu la plus récente nouvelle.

Même s’il aurait sans doute préféré que je l’ignore (monsieur Parizeau était visiblement un homme très privé), il me répondait chaque fois avec beaucoup de gentillesse. Toujours poli, toujours courtois. Au gré de nos brèves discussions, il éclatait parfois d’un grand rire. Un rire aristocrate. Pour tout vous dire, il était tout simplement charmant!

Tout simplement charmant, c’est d’ailleurs comme ça qu’il s’était montré, la toute première fois que nos chemins se sont croisés. Cela remonte à l’automne 1994, lors de la campagne électorale qui l’a porté au pouvoir. J’en étais à mes presque débuts en journalisme. Alors chef d’antenne à TVA Sherbrooke, j’avais eu le mandat de réaliser une entrevue avec le leader du PQ de passage dans la région. Pas besoin de vous dire que la jeune journaliste était nerveuse à l’idée d’interviewer un politicien de sa stature...

À ma grande surprise, malgré son horaire réglé au quart de tour, la fatigue, le stress de la campagne, Jacques Parizeau fut d’une grande générosité avec moi. Généreux de son temps, de ses réponses. Loin de prendre la jeune journaliste de haut, il s’était informé de mon travail, m’avait encouragé. Bref, Jacques Parizeau déjà gentil, déjà courtois. Exactement, comme toutes les fois que je l’ai croisé dans les nombreuses années qui ont suivi.

Jacques Parizeau, grand mandarin de l’État, un des fondateurs du Québec inc, poids lourd du gouvernement Lévesque, premier ministre du Québec... C’est d’abord à l’homme que je veux ici rendre hommage. Le Jacques Parizeau d’une grande civilité. Le Jacques Parizeau gentil et courtois devant l’Éternel.