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Parizeau, le visionnaire

Jacques Parizeau
Photo d'archives

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L'homme que je tiens à saluer aujourd'hui, c'est le visionnaire.

C'est l'homme qui a contribué à emmener le Québec dans la modernité économique.

- En faisant la démonstration qu'il était économiquement porteur pour le peuple du Québec qu'on nationalise l'électricité en allant négocier une entente avec les banques, le tout d'égal à égal.

- En travaillant à créer le régime des rentes du Québec,

- En étant un des piliers à la base de la Société Générale de Financement du Québec,

- Puis en mettant sur pied la Caisse de Dépôts et Placements du Québec.

Sans tous ces outils modernes et visionnaires qu'il a contribué à élaborer, le Québec serait toujours pris dans un système de développement économique désuet hérité de l'ère Duplessis.

Et c'est dans cette même logique qu'il voyait l'indépendance du Québec comme l'ultime moyen d'émancipation économique du Québec.

C'est aussi ce même homme qui déclara lors du débat sur le Plan Nord: 

«Le Plan Nord offre toutes sortes de choses. D'abord, ce ne sont pas les compagnies qui vont se payer leur approvisionnement en électricité, ce sera Hydro-Québec. Il y a aussi des projets de ports en eaux profondes. Sans oublier la route de 250 kilomètres pour rejoindre le projet de mine de diamants de Stornoway Diamond Corporation, au coût de 330 millions de dollars. Québec paiera 288 millions de la facture. Pourquoi on construit cette route? Le gouvernement s'est dit qu'il y aurait peut-être d'autres projets miniers dans le secteur. Je ne vous dirai pas que ça fait "bar ouvert", mais les compagnies qui ont des projets dans le Nord ont compris immédiatement ce qu'elles pouvaient en tirer. Le Plan Nord laisse plusieurs portes ouvertes.»

«Le moment crucial dans toute cette histoire du développement minier, c'est lorsqu'on a décidé de revenir sur le principe qui veut qu'une mine qui s'installe dans le nord doit tout payer. Quand on a renoncé à ce principe, on a ouvert la porte à n'importe quoi. On s'est retrouvés à faire du trapèze sans filet. Il n'y a pas de limite aux bonnes choses, mais aussi aux folies qu'on pourrait faire», insiste-t-il à l'occasion de sa première sortie publique sur le Plan Nord.

«On est sur le point de se faire avoir.»

Pour M. Parizeau, l’avenir économique du Québec ne passait pas par des mines subventionnées pour lesquelles on ne retirerait en redevances que des grenailles, mais par des projets d’avenir dans les hautes technologies et le savoir.

Je suis 100% d’accord avec ce visionnaire.

Il va nous manquer.