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L'Université Laval sera forcée de couper «l'équivalent de plus de 150 employés»

Le recteur, Denis Brière.
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL Le recteur, Denis Brière.

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L’Université Laval se dit forcée de mettre à pied «l’équivalent de plus de 150 employés» et accuse le ministre de l’Enseignement supérieur, François Blais, d’être responsable de la situation.

C’est ce qu’a fait savoir l’établissement mercredi matin, par communiqué.

L’Université Laval était en discussion avec le ministère de l’Enseignement supérieur depuis plusieurs semaines afin d’obtenir la permission d’utiliser des pratiques comptables qui lui aurait permis d’éviter de faire des mises à pied massives.

L’administration souhaitait transférer une partie des dépenses d’immobilisation prévues dans son budget d’investissement. Cette demande vient de lui être refusée par le ministre qui aurait utilisé «son veto», affirme l’Université, qui doit faire face à un nouveau manque à gagner de 11 millions $.

«Cette décision inattendue du ministre force l’Université Laval à mettre en branle, à court terme, un plan de mises à pied massives au sein de l’institution, peut-on lire. L’Université s’explique mal pourquoi le ministre Blais fait fi des bonnes pratiques comptables et sacrifie l’équivalent de plus de 150 employés de divers corps d’emploi œuvrant à l’Université Laval et habitant dans la région de Québec.» 

De son côté, le ministre Blais a affirmé que les règles sont les mêmes pour toutes les universités. «Il n’y a pas d’exception ou de cas particulier», a –t-il déclaré.

Il refuse de porter le blâme pour les mises à pied à venir. «Les efforts budgétaires qu’on demande aux universités, toutes les université doivent décider de la façon de les réaliser, je n’ai pas mon mot à dire» à ce sujet, a-t-il ajouté.

Des emplois plutôt que des stationnements

L’Université Laval voulait reporter des dépenses prévues pour refaire la signalisation sur le campus et la réfection de stationnements, par exemple, afin d’éviter de faire des mises à pied supplémentaires, explique le vice-recteur exécutif, Éric Bauce.

« Il faut faire passer notre mission avant les parkings. Ce qui est surprenant, c’est que tout le monde semble d’accord avec ça, sauf le ministre», lance-t-il.

M. Bauce affirme que son administration ne demande pas une «exception» ou une manœuvre comptable «inusitée».  «C’est une pratique qui se fait couramment dans les organisations publiques. Ce sont de saines pratiques comptables qu’on veut utiliser pour ne pas mettre des gens à pied», précise-t-il.

Le vice-recteur se dit d’autant plus «surpris» qu’il croyait le dossier «presque réglé». Contre toutes attentes, l’administration universitaire a reçu «une fin de non-recevoir de la part du cabinet du ministre», affirme-t-il.

Le ministre Blais doit régler rapidement la situation sinon l’Université devra procéder à des mises à pied massive, répète-t-il. «Il y a urgence d’agir», lance M. Bauce.

Relations tendues

Les relations entre le ministre Blais et la haute direction de l’Université Laval étaient déjà très tendues à cause d’un désaccord entourant la bonification de la rémunération après-mandat accordée aux hauts dirigeants de l’établissement.

M. Bauce refuse d’y voir un lien. «Je ne prêterai pas d’intention au ministre. Ce qui est important, c’est de sauver 150 emplois», dit-il.

Déjà, pour l’année 2015-2016, 43 personnes ont perdu leur emploi sur le campus parce que leur contrat n’a pas été renouvelé, en raison des compressions.

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