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Le partenaire approprié: 5. La compatibilité spirituelle

Freedom people living a free happy life at beach
Maridav - Fotolia

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J’entends par spiritualité ce qui est de l’ordre de l’esprit, par opposition (ou complémentarité) à ce qui est de l’ordre du matériel. Pour moi, nul besoin de religion pour développer sa moralité, avoir un sens des valeurs et un code d’éthique.

De nombreuses études sociologiques ont depuis longtemps démontré que, si le matériel est nécessaire à un certain confort, celui-ci n’est nullement gage de bonheur.

Les membres des couples heureux ­possèdent une même philosophie de vie et un sens élevé des valeurs humaines telles la dignité, le respect, le don de soi, la croissance personnelle. Au-delàde leur réalisation personnelle et conjugale, ils savent qu’ils font partie d’un tout plus grand qu’eux et que de leur propre épanouissement dépend l’épanouissement de la famille, de la société et de l’humanité.

La spiritualité

Sans renier leur individualité et leur affirmation personnelle, ils ne deviennent pas les êtres égocentriques axés sur la seule satisfaction de leurs besoins personnels que nous rencontrons trop souvent dans nos sociétés de loisir à tout prix et de «jeter après usage». Ils ont une conscience «écologique» et c’est pourquoi ils s’impliquent souvent dans des projets communautaires.

La spiritualité est faite d’engagement, d’ouverture et d’honnêteté. C’est ce qui permet une véritable rencontre avec ­l’autre dans sa globalité. Cette spiritualité est faite d’égoïsme sain (je prends soin de moi) et d’altruisme sain (je prends soin de l’autre comme l’autre le veut).

C’est la spiritualité qui nous sort de la solitude et construit la relation. Cette compatibilité spirituelle se construit tout au long de l’évolution du couple. C’est pourquoi les couples heureux finissent par se ressembler et avoir de moins en moins besoin de parler pour se sentir exister et en relation.

Les partenaires incompatibles.

Selon le psychologue états-unien Herb Goldberg, les couples formés par des ­partenaires très dissemblables seraient en fait basés sur la peur inconsciente de l’autre sexe.

Le macho hyper-masculin rechercherait la femme hyper-féminine et vice-versa pour une unique raison: apprivoiser sa peur de l’autre sexe. Pour ce macho, la femme idéale est toujours très sexy, réceptive, non contrôlante, aimante, non exigeante, jamais critique et toujours prête à l’écouter et à le laisser libre.

Être aimé par une telle femme validerait son identité qui ne serait alors jamais remise en question: il se sentirait adoré. Comme cette femme n’existe que dans ses fantasmes et non dans la réalité, il peut ainsi rationaliser sa misogynie et sa croyance que toutes les femmes veulent «arnaquer» les hommes.

Pour l’histrionique, l’homme idéal est rassurant, protecteur, généreux, attentif, communicatif, devin, dévoué, toujours prêt à s’engager et jamais dominant. Être aimée par un tel homme la confirmerait dans sa perception d’elle-même et ferait d’elle une reine. Comme cet homme n’existe que dans les contes de fées, elle peut ainsi rationaliser sa misandrie et ­accuser les hommes de tous être des ­manipulateurs.

Pour Goldberg, ces «Don Juan» et ces «Barbie» manifesteraient aussi, par leurs comportements séducteurs, la même peur et haine de l’autre sexe. Ni l’un ni l’autre ne veulent «s’abaisser» à aimer un être humain nécessairement erratique et imparfait, miroir de leur propre imperfection narcissiquement ­insupportable.

► Cette chronique fera relâche pour la ­saison estivale. Depuis 2008, plus de 300 chroniques sont parues dans les pages du Journal. Elle ont été réunies dans des recueils, publiés par Québec-Livres (Québecor) et disponibles dans toutes les librairies.

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