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Agrandissement du Port: L’opposition redoute le transport pétrolier par train

Quebec
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc Le chef de l’opposition Paul Shoiry s’inquiète pour les citoyens

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Le chef de l’opposition Paul Shoiry s’inquiète pour les citoyens qui demeurent à proximité de la voie ferrée dans Limoilou, à Vanier et à Sainte-Foy si ses craintes se matérialisent avec le projet d’agrandissement du Port de Québec.

Le chef de Démocratie Québec a demandé, mercredi, au Port de Québec d’agir à visière levée avec son projet qui, selon lui, est destiné au transbordement de pétrole par train. Régis Labeaume a «encore oublié les humains», a-t-il dit, en s’empressant d’appuyer les projets du port.

M. Shoiry ne croit ni le pdg du Port Mario Girard ni le maire qui ont toux deux affirmé qu’aucun projet de terminal pétrolier n’est dans les cartons jusqu’à présent.

«On pense que le port ne dit pas toute la vérité. Moi, je suis ferme là-dessus. Nous, on pense que c’est pour le pétrole. On ne croit pas qu’il y aura des installations, des réservoirs aussi importants pour autre chose que du pétrole», a balancé M. Shoiry lors d’un point de presse en plein air, mercredi, avec les immenses réservoirs de vrac liquide (et de pétrole) du port en toile de fond.

Paul Shoiry rappelle que le pétrole transite déjà par navire au port. Le «vrac liquide transbordé sur le Saint-Laurent est principalement composé des 10 millions de tonnes de pétrole brut déchargées à Québec», peut-on lire dans une étude du Groupe IBI sur laquelle il s’appuie, réalisée en 2008 au sujet du corridor de commerce Saint-Laurent-Grands Lacs.

«Il ne faut pas oublier que la stratégie d’exportation des produits pétroliers de l’Alberta, c’est d’amener ça dans l’Est du Canada et de faire sortir ça par navire alors le Port de Québec, au point de vue du transbordement de vrac liquide est un endroit idéal pour ça», a-t-il renchéri.

Le chef de l’opposition s’inquiète d’un aveu de l’administration portuaire qui avait elle-même évoqué un «avantage hautement stratégique» et une «solution compétitive afin de devenir un point de sortie pour les exportations de produits pétroliers canadiens» avec son projet de construction d’un duc d’Albe.

Cette phrase, repiquée par Le Soleil en octobre 2014 sur le site web du Port a disparu depuis. La construction d’un Duc-d’Albe a été reportée et ne fait pas l’objet des demandes actuelles de financement à Ottawa.

Un BAPE réclamé

L’opposition soutient que le processus d’évaluation environnementale du Port ne sera «pas du tout indépendant» puisqu’il sera «mené par le Port et payé par le Port». Elle a réitéré sa demande pour que le Port, situé sur des terres fédérales, se soumette aux lois du Québec et  au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

«Il faut arrêter de laisser le Port se gérer comme s’il était un pays. Il a beau dire : "Nous, on est régi par le champ fédéral ", mais on habite à Québec et dans la province de Québec», a martelé M. Shoiry.

«On n’est pas contre le projet», a-t-il ensuite nuancé. «On pense que le Port doit pouvoir s’agrandir pour contribuer au développement économique de Québec mais ça doit se faire dans un environnement sécuritaire, dans un environnement ouvert et transparent puis ça prend un BAPE.»

Pas de pétrole dit Labeaume

«Il n’y a pas de projet de pétrole dans ce prolongement-là. Qu’on cesse d’en parler parce que ça n’existe pas», avait déclaré le maire de Québec le 1er juin dernier, la journée même où il dévoilait sa liste d’épicerie pour Ottawa en vue de la prochaine campagne fédérale. Le maire a appuyé les différents projets du port, évalués à 631 millions $.

La phase 1 du projet Beauport 2020 prévoit l’aménagement de 18,5 hectares d’arrière-quai puis le prolongement de la ligne de quai actuelle de 610 mètres. Les nouveaux terrains pourraient accueillir à la fois des conteneurs, du vrac liquide ou du vrac solide. Mais aucun projet concret n’a encore été annoncé.

Consultation citoyenne

Le Port répète que tous ses projets seront soumis au nouveau processus environnement de participation citoyenne qu’il a annoncé le 15 mai dernier. Le promoteur d’un projet aura l’obligation de «prendre en compte les commentaires émis par les citoyens et autres parties intéressées».

«Lorsqu’il y aura des possibilités de terminaux, on va refaire un processus environnemental de participation citoyenne. Les citoyens vont être au courant et seront consultés, il n’y aura pas de surprise», a fait savoir au Journal la porte-parole du Port Marie-Andrée Blanchet.