/opinion/blogs/columnists
Navigation

Nos auteurs

CA_Steve E. FortinCA_Stéphane Lessard

Le déplacement des solidarités entre le Québec et la France

Hollande signs a guest book at the National Assembly in Quebec City
Photo Reuters

Coup d'oeil sur cet article

Du temps où le premier ministre Jacques Parizeau plaidait devant les Français qui voulaient l’entendre qu’un «nouveau pays» parlant la même langue qu’eux était sur le point de naître, l’intensité des relations entre le Québec et la France se mesuraient aux égards accordés aux ténors souverainistes québécois. Aujourd’hui, les solidarités sont ailleurs et on s’en porte très bien.

Une chronique nostalgique et déplacée du journaliste et correspondant du Devoir à Paris Christian Rioux a laissé entendre le 5 juin dernier que le décès du «grand ami de la France» n’avait pas été traité «ni [à] l’Élysée ni [à] Matignon» selon ce qu’on aurait dû s’attendre de nos cousins. Ce serait le reflet de «l’actuel ratatinement provincial du Québec à l’étranger», selon lui.

Je doute fort que la Déclaration de M. Laurent Fabius (ministre français des Affaires étrangères et du Développement international) ait un quelconque lien avec «la plainte» de Christian Rioux, mais on y souligne à grand trait l’amitié entre la France et Monsieur Parizeau.

J’ai été estomaqué par les critiques de M. Rioux, tout comme je l’avais été de son jugement de valeur contre la candidature de Michaëlle Jean à la succession du secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de son impitoyable mauvaise foi envers Lisa LeBlanc ou Radio Radio.

Je me souviens de m’être exprimé sur le sujet de «la fatigue culturelle» invoquée par Christian Rioux en juillet dernier, et je récidive aujourd’hui sur l’état de nos relations avec la France parce que je crois encore que le journaliste basé à Paris se trompe.

Je crois fermement que les relations du Québec avec l’Élysée et Matignon sont excellentes et qu’elles reposent sur des bases différentes de celles du temps de Jacques Parizeau.

Parmi plusieurs exemples possibles, je regarde l’éclat avec lequel Dany Laferrière a été intronisé officiellement à l’Académie française et je constate que le président de la République de France était présent à la cérémonie, ce qui n’est pas fréquent.

Autant sur le plan de la gouvernance numérique qu’en matière de recherche dans le secteur maritime, des ententes se confirment et témoignent que des solidarités se définissent sur d’autres bases que celles d’antan.

Même sur la question de la mobilité étudiante, ce n’est pas le froid décrit par le correspondant du Devoir.

Du point de vue de mon principal secteur d’intervention avec l’éducation qu’est le numérique, je vois comment des relations étroites entre des communautés du Québec, de Nantes et de Paris se tissent sous la bannière #FrenchTech - Ville de Québec et je ne peux concevoir comment on peut être aussi pessimiste que M. Rioux dans l’évaluation de notre amitié avec les Français.

Je lis les fréquents rapports de mission du directeur général de Québec Numérique (1234) et je me dis que certains manquent cruellement d’informations.

Les seules traces de cette amitié qui comptent entre la France et le Québec tiendraient-elles aux flatteries concernant l’appartenance à un pays imaginaire?

J’espère que non.

Je regarde comment l’amitié entre le maire de Montréal Denis Coderre et la mairesse de Paris Anne Hidalgo se construit et je ne suis pas inquiet.

Le premier Sommet du vivre ensemble à Montréal regroupe une vingtaine de maires de villes canadiennes et internationales. On y traite de sujets importants pour le devenir de notre collectivité et les maires de Paris et de Washington y jouent un rôle crucial.

On ne peut mesurer la chaleur des relations diplomatiques entre deux nations amies sur des paramètres immuables qui ne tiendraient pas compte des changements politiques qui surviennent avec le temps. Les souverainistes n’ont pas le monopole du nationalisme.

Je comprends qu’on n’ait pas encore digéré les déclarations de Nicolas Sarkozy de février 2009, mais il faudra bien en revenir un jour... le monde change!

À noter... Mathieu Bock-Côté a aussi traité du même sujet au Figaro et on comprendra que son point de vue rejoint celui de Christian Rioux.

 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.