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Un groupe de skinheads de Québec sème l’émoi dans un village français

Le groupe Légitime Violence.
Photo courtoisie, Facebook Le groupe Légitime Violence.

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Le controversé groupe de skinheads de Québec Légitime violence, qui n’est pas le bienvenu partout en raison de la violence de son message qui peut ressembler à celui des néonazis, a choqué en France en fin de semaine dernière en s’invitant à l’improviste dans un petit village où plus de 200 spectateurs ont convergé pour assister à des combats de free-fight.

Le village situé à une heure au sud de Lyon se nomme Talencieux. «Deux jeunes de pas loin de chez nous sont venus chercher les clés de la salle communautaire qu’ils avaient louée pour un anniversaire», raconte au Journal le maire de l’endroit, Robert Seux.

Il s’en veut aujourd’hui de ne pas avoir demandé davantage d’explications. Il a appris le jour même ce qui allait se passer dans la salle. «Je ne me sentais pas bien avec moi-même d’avoir loué une salle à des gens de l’extrême droite». Il a fait des téléphones pour se faire dire qu’il était trop tard, «qu’il faudrait deux escadrons de la gendarmerie» pour arrêter la parade. Il espère que d’autres maires «seront moins bêtes que moi et ne se feront pas avoir».

Finalement, tout s’est bien déroulé. Rien à signaler. Mais on ne sait trop ce qui s’est passé dans la salle communautaire. Le free-fight, ce sont des combats extrêmes où tous les coups son permis. Certaines variantes sont interdites en France.

Le groupe Légitime violence est apparu la première fois dans l’actualité 2011 alors qu’il faisait partie de la programmation du festival Envol et Macadam. L’organisation avait reçu une vingtaine de plaintes. Le groupe s’est finalement retiré.

Les étiquettes de néonazis, fascistes, ultranationalistes et extrême droite radicale sont parfois collées au groupe, à tort ou à raison. Le groupe se dit «anti antifasciste», mais aussi «apolitique». L’un de ses membres avait affirmé au Soleil, en 2011, qu’il n’avait rien contre les immigrants ou les Noirs. Il fait aussi l’éloge de ceux qui ont combattu les Nazis lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Paroles violentes

Mais peu importe l’étiquette, le groupe ne fait pas dans la dentelle. Ses paroles sont violentes, entre autres envers les gauchistes. «Ces p’tits gauchistes efféminés (légitime violence) / Qui s’permettent de nous critiquer (légitime violence) / N’oseront jamais nous affronter (légitime violence) / On va tous les poignarder (légitime violence)», chante Légitime Violence dans une pièce éponyme.

Le groupe compte dans son répertoire une reprise d’Evil Skins qui dit : «Déroulons les barbelés, préparons le Zyklon B!» en référence à la substance utilisée dans les chambres à gaz nazies.

Dans une autre chanson, on propose de tuer les pédophiles. «Pendu à l'entrée d'la ville, une balle dans ta tête de pédophile!» Et plus loin : «Pour toi sale ordure, aucune sépulture / Ta dépouille impure sera jetée aux ordures».

Légitime violence s’est produit dans de nombreuses villes d’Europe et prévoit même une tournée au Japon. Un concert avait été interdit en Belgique en 2013. Sur sa page Facebook, le groupe parle d’un spectacle début juin, en Espagne. Ce «fut excellent [...] malgré le fait que notre concert se soit terminé en émeute générale».

Un fan du groupe a envoyé l’image d’une étoile de David avec un signe d’interdiction sur la page Facebook du groupe. On trouve aussi quelques commentaires anti-islam. C’est d’ailleurs le thème de la plus récente pièce, «Non jamais!». Le vidéoclip s’ouvre avec des mitraillettes et montre un croissant islamique avec un signe d’interdiction et la mention «non jamais!».

Voici le premier couplet : «Tu es débarqué, t’as voulu imposer /Tes ignobles croyances, ta stupide ignorance / Propager le croissant, partout en occident / Mais tous nos peuples frères se préparent à la guerre!»

Le clip de «Non jamais!»