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Enbridge travaille sur un scénario catastrophe

Pipeline, Enbridge
Photo d'Archives

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La pétrolière Enbridge se prépare à plusieurs scénarios advenant un bris dans ses oléoduc, dont un allant jusqu’à des morts et des impacts environnementaux graves.
 
Enbridge souhaite faire passer 300 000 barils de pétrole par jour dans son oléoduc, qui passe entre autres sous Montréal et plusieurs municipalités de la Couronne Nord.
 
La compagnie a rendu public mardi une mise à jour de son plan d’intervention en cas de déversement, qui concerne plusieurs de ses oléoducs au Canada et aux États-Unis.
 
Même si elle répète depuis des mois que son oléoduc est sécuritaire, Enbridge se prépare pour un scénario catastrophe où il y aurait des «décès, blessures graves, maladie ou menace en cours pour la sécurité publique», nécessitant des interventions d’envergure.
 
Le plan détaille les procédures à suivre pour les employés d’Enbridge, allant à endiguer les fuites jusqu’à l’évacuation de certains secteurs, tout comme la prise en charge d’animaux morts ou blessés.
 
 
Peu probable
 
Eric Prud’Homme, un des porte-parole d’Enbridge, se veut toutefois rassurant et juge peu probable des incidents de cette ampleur.
 
«Dans nos scénarios, nous nous préparons toujours au pire, mais statistiquement, le risque d’incident majeur est faible», souligne-t-il.
 
Il précise qu’il y a eu deux morts impliquant des oléoducs en Amérique du Nord, sans pouvoir spécifier sur quelle période de temps.
 
«C’était dû à des bris mécaniques causés par un tierce parti», précise Éric Prud’Homme.
 
Il assure que l’oléoduc représente le mode de transport de pétrole le plus sûr, surtout comparé à ceux par trains et camions-citernes. 
 
Plus de transparence
 
Enbridge veut inverser la circulation de la ligne 9B, pour acheminer vers les raffineries de l’est du pays du pétrole en provenance des sables bitumineux de l’Alberta.
 
La communauté métropolitaine de Montréal (CMM) avait soulevé des craintes devant ce projet et avait demandé plus de transparence à Enbridge.
 
Le président de la CMM, le maire de Montréal Denis Coderre, s’est montré satisfait qu’Enbridge aie respecté leur volonté de déposer publiquement son plan d’intervention en cas de fuite de pétrole. 
 
Il compte en discuter jeudi à la rencontre du conseil d’administration de la CMM.
 
«Enbridge a jusqu’à présent rempli pas mal toutes les conditions, mais je vais analyser parce qu’il y a 600 pages. De prime abord il faut saluer, il y a des gestes concrets qui se posent», affirme le maire de Montréal.
 
Selon Jacques Bérubé, qui représente la couronne nord sur le comité vigilance de la CMM, les changements sont très mineurs entre le plan d’intervention du 2 mars dernier et sa mise à jour publiée mardi.
 
Enbridge espère pouvoir inverser le flux de la ligne 9B le plus rapidement possible, qui dépend d'une autorisation de l’Office national de l’énergie (ONÉ), un organisme fédéral.
 
Une demande a toutefois été déposée à l’ONÉ pour exiger d’Enbridge des tests hydrostatiques, afin de s’assurer du bon état du tuyau, vieux de 40 ans. 
 
L’ONÉ n’a toujours pas rendu de décision.