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Raphaël, petit superhéros

En raison de l’autisme, Raphaël voit les choses plus intensément, que ce soit les couleurs ou les lumières.
Photo Nano Communications En raison de l’autisme, Raphaël voit les choses plus intensément, que ce soit les couleurs ou les lumières.

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Attristée, une maman de Sept-Îles lance un cri du cœur sur les réseaux sociaux, alors que son petit garçon de 3 ans atteint d’autisme est victime d’intimidation de la part des autres enfants et parents, lorsqu’il tente simplement de s’amuser au parc.

Le petit Septilien de 3 ans, Raphaël, est atteint d’autisme de haut niveau et est parfois victime d’intimidation au parc.
Photo courtoisie Nano Communications
Le petit Septilien de 3 ans, Raphaël, est atteint d’autisme de haut niveau et est parfois victime d’intimidation au parc.

La maman ne s’en cache pas, son petit bonhomme n’est pas exactement le spécialiste des interactions sociales. Raphaël a tendance à parler avec intensité, très près des personnes, à «entrer dans leur bulle», simplement parce qu’il n’a pas les mêmes inhibitions que les autres.

«Il se fait souvent surnommer méchamment parce qu'il est différent, il se fait parfois intimider et souvent, les enfants (et parfois même les parents) essaient de se distancer de lui sous prétexte qu'il est différent, même si mon enfant leur parle, ils ne répondent pas et s'en vont», déplore la mère de Raphaël, dans une publication Facebook lancée cette semaine.

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Posted by Spotted Sept-Îles on lundi 15 juin 2015

Le garçon voit toutes les choses plus intensément. Par exemple, les couleurs sont plus vives, les lumières plus aveuglantes, ce qui provoque parfois chez lui de fortes réactions : cris, excès de joie, crise de larmes... Il est incapable de concevoir la notion du mensonge et ne comprend pas totalement tous les sentiments qui l'habitent et qui habitent les autres : il est autiste de haut niveau, autrefois appelé Asperger.

«Pour mon fils, la vie est un long chemin de campagne bien droit, il n'y a pas de détours possibles», résume son père, lors d’une rencontre avec le Journal.

En effet, la vie à travers les yeux de ce petit boute-en-train de Sept-Îles est relativement simple. Il s'émerveille infiniment devant peu. Une capacité que bien des gens aimeraient, ou devraient avoir.

En échange, si écouter le film de Disney Les Bagnoles pour Raphaël équivaut, en matière d'émotions, à remporter une médaille d'or olympique pour une personne dite «normale», cette belle intensité lui vaut parfois le mépris des autres.

Sensibiliser aux différences

Un jour, Raphaël s'est fracturé le crâne et il n'a même pas versé une larme. Une des particularités étonnantes du jeune autiste est qu'il est hyposensible (il ne ressent pratiquement pas la douleur physique). On croirait un pouvoir de superhéros, mais quand on est Superman, c'est difficile de se fondre dans la masse.

Avec son message partagé plus de 1700 fois en deux jours, elle espère inciter les parents et les enfants à être plus ouverts aux différences des autres. «Ok, il est pas comme les autres. Pi ?? Il ne mérite pas ce genre de comportement, en fait, personne ne le mérite. Je suis extrêmement déçue, car malgré tous ses efforts et ses progrès extraordinaires pour entrer en relation avec des enfants inconnus, les enfants ne sont visiblement pas souvent éduqués à la différence, et parfois sont méprisants à l'égard de mon fils», s’attriste la maman dans sa publication.

«Si à toutes les sorties on revient avec des blessures physiques, des incompréhensions de sa part, de la tristesse car les enfants ne lui répondent pas, c'est très difficile. Nous aimerions qu'il se forge une confiance en lui avant de commencer l'école et pour l'instant, c'est encore pas pire, mais ses expériences se soldent la plupart du temps par des mauvaises expériences», poursuit-elle.

Se relever

Attention, il n’est pas question de dire quoi faire à qui que ce soit ici, précisent les parents de Raphaël, mais peut-être de faire la différence, ne serait-ce qu’une seule fois, en croisant quelqu’un au parc qui aura lu leur message. «En sommes, je ne souhaite pas faire pitié du tout, je ne suis pas une victime et mon fils non plus, loin de là ! Il est un battant et oui il en vivra toute sa vie des épreuves, c'est ça la vie. Mais lorsque l'abus devient généralisé, je pense qu'on doit se poser des questions sur l'éducation qu'on offre à nos petits enfants», conclut la mère de Raphaël.

Et comme tomber ne lui fait pas mal, gageons que malgré les épreuves auxquelles il sera confronté dans sa vie, le petit Raphaël se relèvera toujours.