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La méchante police de Laval!

La méchante police de Laval!

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Ok, on prend une grande respiration, on arrête de s'indigner pour ensuite vaquer à nos occupations quotidiennes. Deux événements impliquant des policiers ont récemment soulevé l'indignation de certains, le questionnement pour d'autres. Quand on parle des policiers et de leurs actions, personne n'est totalement neutre et tout est sujet à critique, la plupart du temps négative. 

Les policiers n’ont pas le droit à l’erreur, ils doivent demeurer purs dans leurs pensées, leurs faits et gestes. Dès qu’une ligne est franchie, il semble que le Torquemada qui sommeille chez certains se réveille et démarre une grande inquisition visant les forces de l’ordre, les pas fins, les méchants policiers.

Je ne parle pas des dossiers évidents de brutalité, force démesurée et arrestations qui provoquent la mort comme on en a vu quelques-uns aux États-Unis d’Amérique ces derniers mois. Non plus des situations claires quand un criminel en uniforme tire à huit reprises dans le dos d’un homme qui se sauve en courant.

Je souhaite faire référence à ces situations banales qui soulèvent les passions. Celles qui, l’espace d’un moment, se transforment en nouvelles et permettent de souligner tous les travers des policiers en généralisant «ad nauseam», disant qu’ils ont toujours tort, peu importe le cas.

La police de Laval

Vendredi dernier, à Laval, un policier va reconduire son fils à son bal des finissants. L’histoire serait passée inaperçue si le véhicule utilisé n’était pas une voiture de patrouille. On parle d’une arrivée controversée dans les médias parce que les gyrophares et la sirène étaient en fonction. Le policier aurait même brûlé un feu rouge avant d’arriver à l’endroit désigné pour le bal.

Et les roches de la critique sont lancées. Gaspillage de fonds publics, abus d’autorité, le policier a mis son fils en danger. Il a risqué la vie du public. etc.

Bien que le fait d’avoir «brûlé» un feu rouge demeure très discutable et est punissable selon le Code de la sécurité routière, ce policier n’a rien fait de criminel à ce que je sache. En congé, il a demandé la permission d’utiliser une voiture du service pour faire vivre un rêve à son fils.

Savez-vous combien de jeunes arrivent à leur bal de finissants à bord de véhicules d’urgence? On a vu des ambulances, de voitures de police, des camions de pompiers chaque année arriver avec des jeunes dont le seul crime était d’avoir un père qui avait accès à ce type de véhicules. Est-ce qu’il y a des jaloux dans la salle?

J’irais plus loin en suggérant que ce policier a fait de la prévention ce soir-là. Combien de jeunes ont vu cette voiture aux couleurs de la police de Laval et se sont dit qu’il était pas mal plus cool d’arriver à son bal de finissants à bord de celle-ci que de repartir en fin de soirée, menottes aux poings, assis à l’arrière pour aller passer quelques heures au poste et souffler dans la "balloune"?

Shelby, Caroline du Nord

Et puis, il y a la diffusion de l’arrestation de Dylann Storm Roof. Aucune violence, aucun coup porté, pas un seul coup de feu de tiré. Pourtant le suspect avait tué neuf personnes dans une église de la Caroline du Sud lors d’une soirée d’étude biblique.

Le crime des policiers? C’est celui, «horreur», d’avoir manifesté la joie et la satisfaction d’avoir arrêté l’auteur du pire crime raciste des dernières années aux É.-U. Ils ont commis la faute lourde et grave de se taper dans les mains et de faire des «high fives» une fois le suspect fouillé, menotté, assis dans une voiture de patrouille qui avait quitté les lieux.

Non, mais des fois que la job est bien faite et que les humains qui portent l’uniforme sont contents, il y un problème? Je me souviens tout autant de situations lorsque des arrestations survenaient au terme d’une enquête, d’une situation de siège et que les policiers, y compris moi-même, nous nous serrions la pince en disant simplement «beau boulot». Et ça se fait encore, n’en doutez point. Est-ce que le titre de «célébrations policières de mauvais goût» s’applique? On jase là, mais encore une fois, les femmes et les hommes qui portent l’uniforme sont des humains avant tout, avec des réactions humaines.

On veut quoi de nos policiers?

Des machines? Des robots sans émotion? Des gens qui appliquent les règlements, point à la ligne? Sinon, voulez-vous des personnes qui ont des réactions, des émotions et le temps ainsi que la volonté d’aller au-delà de leur job de flic en restant parent un moment donné pour aller reconduire un fils fier de son père à son bal des finissants?