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Le Canada

Le Canada n’est pas le goulag, comme l’a déjà dit René Lévesque; c’est un pays envié par une grande partie de planète

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À l’occasion du 24 juin, je vous ai parlé mercredi dernier de ce que représentait le Québec à mes yeux.

À l’occasion du 24 juin, je vous ai parlé mercredi dernier de ce que représentait le Québec à mes yeux.

Qu’en est-il du Canada, dont ce sera la fête cette semaine, de ce pays que les ancêtres des Québécois ont fondé?

Le peuple fondateur

Rappelons qu’un Canadien est au départ un Canayen, un habitant de la vallée du Saint-Laurent qui parle français.

Cela fut ainsi pendant la majeure partie de l’histoire du pays, presque deux cents ans, de la fin du 17e siècle à la fin du 19e siècle, les seuls à s’appeler eux-mêmes et à être appelés par les autres «Canadiens» étaient les ancêtres des francophones d’aujourd’hui.

On s’est fait voler notre pays

Sur le plan de la construction identitaire, il n’y a pas deux ou trois peuples fondateurs au Canada: il n’y en a qu’un, formé des ancêtres directs des francophones d’aujourd’hui, les seuls Canadiens depuis un siècle lorsqu’arrivèrent les conquérants britanniques en 1763.

Ils cohabitaient alors avec les Amérindiens, à qui il ne serait jamais venu à l’idée de s’appeler Canadiens.

Ce passé a laissé des traces profondes qu’on fait semblant de ne plus voir. Volon­té des Québécois de se libérer de quelque chose de négatif, qui n’a jamais été complètement réglé depuis la Conquête dans notre relation avec le reste du Canada.

Rappelons que ce dernier a refusé de nous reconnaître comme une modeste société distincte au début des années 1990.

Déchirant deuil à faire, pour d’autres, de l’identité canadienne qu’on a mise au monde, qui rend difficile de décrocher d’un pays où nous sommes marginalisés.

Que l’on pense à l’appui bien senti que des souverainistes donneront aux athlètes canadiens-anglais lors des Olympiques...

Le pays légal

Aujourd’hui comme hier, je n’ai aucun doute que le premier choix de la majorité des francophones serait un Canada où le Québec bénéficierait d’un statut qui tiendrait compte du fait qu’il abrite la seule société moderne non anglophone au nord du Rio Grande.

En 2015, nous sommes encore écartelés entre des souverainistes prisonniers de leurs rêves, se comportant un peu comme si le Québec avait commencé en 1960, et des idéologues fédéralistes à la Philippe Couillard qui prêchent une impossible normalisation du Québec au sein du Canada.

Depuis 30 ans, nous sommes trahis par des politiciens incapables de concrétiser notre aspiration à être reconnus pour ce que nous sommes dans le pays de nos ancêtres. Regardez ce qui est en train d’arriver à ce pauvre François Legault, qui essaie de briser le cercle vicieux.

De façon plus personnelle, le Canada représente à mes yeux ces années-ci le principe de réalité dans son implacabilité, le réel qui ne fait pas toujours notre affaire.

C’est le pays légal, que l’on voudrait souvent oublier, mais dont il faut tenir compte sous peine de devenir encore plus perdants collectivement que nous ne le sommes déjà trop.

Le Canada n‘est pas le goulag, comme l’a déjà dit René Lévesque; c’est un pays envié par une grande partie de planète.

Sans pouvoir le quitter, bien des Québécois peinent cependant à s’y reconnaître, entre autres depuis que les idéologues de droite à l’américaine de l’ancien Reform Party essaient de le façonner à leur image.

 

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