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Menace pour l’industrie forestière

La forêt boréale pourrait devenir le nouveau « poumon » planétaire

Une nouvelle crainte s’ajoute dans l’industrie forestière. Si la forêt boréale est reconnue comme le nouveau poumon planétaire, la quantité de bois coupée serait grandement diminuée.
Photo Jean tremblay Une nouvelle crainte s’ajoute dans l’industrie forestière. Si la forêt boréale est reconnue comme le nouveau poumon planétaire, la quantité de bois coupée serait grandement diminuée.

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Une nouvelle menace plane au-dessus de l’industrie forestière. Selon certains, Greenpeace pourrait demander à la conférence Paris Climat 2015 que l’on reconnaisse la forêt boréale comme poumon planétaire, aux mêmes titres que les forêts tropicales et amazoniennes.

Karl Blackburn, porte-parole de Produits forestiers Résolu affirme que cette nouvelle menace risque d’être à l’ordre du jour des environnementalistes à l’occasion de la conférence Paris Climat 2015 qui réunira, du 30 novembre au 11 décembre 2015, des experts mondiaux en environnement.

«Les forêts tropicale et amazonienne sont en train de mourir. Les activistes désirent que l’on préserve la forêt boréale sous prétexte qu’elle deviendrait le prochain poumon de la planète», pense Karl Blackburn.

«Si tous les groupes environnementalistes se regroupent ensemble autour de cette nouvelle bataille, on est condamné. Je suis convaincu qu’ils s’en vont dans cette direction».

Même son de cloche de Jean-Pierre Boivin, président de l’Alliance forêt boréale. «On sent de plus en plus que les activistes tiennent d’autres discours que le respect de la norme FSC et la protection du caribou forestier. Plusieurs pensent que la forêt boréale serait une monnaie d’échange en regard des changements climatiques».

Greenpeace répond

Même si Greenpeace refuse de confirmer que ce projet fait partie de leurs stratégies, le porte-parole de l’organisme au Québec Nicolas Mainville, que Le Journal a joint alors qu’il était de passage dans la communauté crie de Waswanipi à la Baie-James, réaffirme son intention de tout faire pour que l’on protège toutes les forêts boréales vierges du Québec et de l’Ontario.

«Ce n’est pas que Greenpeace qui reconnaît l’importance de protéger la forêt boréale, c’est toute la communauté scientifique mondiale qui porte ce discours».

«Les forêts tropicales, amazoniennes et boréales sont aussi importantes les unes que les autres. Les scientifiques reconnaissant que les réservoirs de carbone des forêts boréales ont été ignorés. Il reste un peu moins de 10 % de forêt commerciale vierge qu’il faut protéger comme le secteur des Montagnes Blanches et le territoire de la Broadback».

Faux discours

Pour Claude Villeneuve, professeur titulaire de la Chaire en Éco-conseil à l’UQAC, la thèse du poumon planétaire ne tient pas la route.

«Ce n’est pas une réalité. Les forêts n’ont rien à voir avec les poumons de la planète. C’est une notion extrêmement difficile à soutenir du point de vue scientifique».

Le spécialiste des changements climatiques réfute également du revers de la main la thèse faisant état d’une émanation massive de carbone lors de travaux forestiers.

«Nous avons démontré lors d’opération de scarifiage qu’il n’y a qu’une infime partie de carbone qui est émis».