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Tomber la chemise: Cette chanson a tout changé dans Zebda

Zebda

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Zebda effectue cette semaine son retour au Québec après 12 ans d’absence. Séparé pendant huit ans, le groupe s’est réuni en 2011 et a produit deux albums depuis. Mais, au Québec, tout comme dans le reste de la francophonie, Zebda restera toujours étroitement associé à la chanson Tomber la chemise. Retour sur un succès qui a été difficile à gérer. 

«Cette chanson a tout changé dans Zebda, confie le chanteur et auteur Magyd Cherfi, à l’autre bout du fil, de l’autre côté de l’océan. On a vendu des disques par millions après. Il n’y a personne en France qui ne connaît pas ce titre. Et ç’a amené un débat au sein du groupe.»

Au moment de lancer la chanson en 1999, Zebda connaissait un beau succès d’estime avec ses paroles engagées, intègres et militantes. Mais c’est une chanson légère qui lui a apporté le succès populaire, ce qui a fait beaucoup douter les membres du groupe.

«On s’est demandé si on n’allait pas trop loin par moments. Car, après, ç’a été la notoriété. On a basculé dans le confort matériel. Et il a fallu gérer ça, trouver comment garder la conviction pour ne pas qu’elle soit ramollie par l’aisance. On s’est battus pour conserver notre intégrité.»

Vous pouvez compter sur lui pour entendre Tomber la chemise lors des deux concerts prévus au Québec. «Sur scène, c’est une chanson explosive», dit-il.

Un second souffle

Quatre ans après Tomber la chemise, en 2003, le groupe se séparait pour aller «piocher chacun de son côté».

«Ce break, pendant presque huit ans, était presque organisé, confie Magyd. On savait que pour garder cette énergie, il fallait ça. Quand on s’est retrouvés, c’est comme si on avait eu l’opportunité d’une seconde jeunesse. La musique, elle permet ça. Dans la vie, on a 50 ans, mais sur scène, on en a 17.»

Personnellement, Magyd a eu peur que le groupe ait sombré dans l’oubli lorsqu’ils se sont retrouvés. «Mais c’est là que je me suis rendu compte qu’on avait intégré le patrimoine de la chanson française», explique-t-il, assurant que, sur scène, la magie et la complicité existent toujours entre eux.

Cow-boys et indiens

Zebda a lancé son deuxième album depuis sa réunion l’an dernier, intitulé Comme des Cherokees. Toujours aussi militants et engagés, ils dénoncent les inégalités. Ils dressent un parallèle entre les Indiens d’Amérique et leur situation de fils d’immigrés algériens.

«Quand on était mômes, on jouait aux cow-boys et aux Indiens et on voulait tous être les cow-boys parce qu’on voyait les Indiens comme des méchants. Au fil du temps, on a fini par se dire qu’on voulait être les Indiens. On est une minorité, on est fils d’Algériens, alors on est un peu comme les Indiens de France. Nos parents ont été déconsidérés toute leur existence. On s’est dit que nos frères jumeaux étaient les minorités, et ça pourrait être les Indiens. Quelle erreur on a faite quand on était mômes!»

«On a gardé une espèce de blessure au fond de nous. [...] On voulait se battre pour une société qui s’assume comme étant multiculturelle. Au fond, être multiculturel, c’est être moderne. C’est un combat fort qu’on n’a jamais perdu de vue.»

Zebda se produira le 7 juillet au Festival international Nuits d’Afrique de Montréal, ainsi que le 9 juillet au Festival d’été de Québec, à la place D’Youville.