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Comédie grecque

Comédie grecque

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En Grèce, il n’y a pas si longtemps, les fonctionnaires qui se pointaient au bureau régulièrement avaient droit à une prime. Une sorte de prime au travail. La présence au bureau étant devenue, au fil du temps, et grâce aux fonds avancés par les Européens, facultative.

Quand les choses ont commencé à tourner moins rondement, la Grèce s’est révélée dans toute sa splendeur : pas moins de 580 corps de métier et de profession profitaient de retraite anticipée. Les vidangeurs, les barbiers, les enseignants, les fonctionnaires, les maçons etc. Des millions de personnes pouvaient partir à la retraite aussitôt qu’à 50, 52, 53 ans avec 70% du revenu (souvent calculé à peu près...) Beaucoup plus tôt et beaucoup plus généreux qu’en Allemagne et en Grande-Bretagne, notamment.

Tous ces régimes de retraite étaient publics et ont été mis en place avec les fonds avancés par les Européens qui ne savaient pas trop ce que faisaient les Grecs entre leurs réclamations pour plus de fonds...

L’État grec ne savait pas trop non plus combien il avait d’employés sur sa liste de paye, 500 000 ou 1 000 000, mais quelle importance? On a fini par s'y intéresser et découvrir que des morts étaient rémunérés. La présence au bureau étant facultative, qu’importait au fond que l’on paye des morts ou des vivants...

La fiscalité grecque était aussi facultative. Les impôts étaient payables par les simplets et les grandes entreprises grecques évoluaient off-shore sur leur propre sol.

Sans parler du travail au noir et de la corruption qui donnaient à l’ensemble un portrait peut-être anarchique mais qui s’en souciait? L’argent des autres coulait à flots. 230 milliards d'Euros, ces dernières années. Et c'est pas fini...

Mais voilà, rien ne va plus. Des centaines de reportages ont jeté une lumière crue sur la douce réalité grecque. Les grands médias allemands, britanniques et français ont levé le voile sur le gouffre dans lequel était jeté l’argent des honnêtes contribuables européens. Les retraites, les programmes sociaux, les emplois fictifs...

Il est étonnant qu’on ne souligne pas toutes ces dérives alors que la Grèce, en votant Non, montre ses fesses à l’Europe...qui ne peut l’exclure.

On préfère, au Québec et ailleurs, critiquer le FMI, la BCE ou les banques, associées au diable capitaliste.

J'ajoute que les Québécois ont un penchant naturel pour la dépense, comme les Grecs.

La gauche et ses cacatoès syndicaux revendiquent la vertu et font passer des clichés pour des critiques. Mais la Grèce, c’est la bêtise humaine sous couvert de solidarité.

Évidemment, le vidangeur grec à la retraite à 52 ans aura une opinion différente; il aurait sans doute été plus heureux qu’on lui dise qu’à Montréal, certains ont manifesté pour le Non grec en brandissant des bannières orange...

Les sentiments les meilleurs sont toujours les plus faciles... Et ça n’oblige pas de savoir compter...

On célèbre donc la victoire du Non grec. Non à l'austérité, dit-on.

Mais ce Non ne veut pas dire grand chose. C'est un réflexe, l'expression de l'instinct de conservation. Les Grecs n'avaient pas autre chose à dire...