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Œuvre Dialogue avec l’histoire: Raynaud dénonce les propos «irresponsables» de Labeaume

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Invité par le maire Labeaume à se faire soigner, l’artiste français du fameux «cube» démantelé à Québec s’insurge de l'attaque «cavalière» de ce dernier et dénonce ses propos «irresponsables».

En entrevue avec Le Journal, mardi, Jean-Pierre Raynaud était visiblement sonné par les propos du maire de Québec qui témoignent, selon lui, d’une désinvolture et d’un mépris de l’art.

La veille, lors d’une mêlée de presse, le maire avait été invité à commenter une sortie de l’artiste dans Le Figaro. M. Raynaud y déplorait le «spectacle affligeant d’une destruction offerte au public». Le maire n’a pas enfilé de gants blancs pour lui répondre. «Tant mieux pour lui. Qu’il se soigne», a balancé Régis Labeaume.

«Je trouve que les propos de cet homme politique sont assez irresponsables parce qu’on ne traite pas, quand même, une personne de malade de cette façon-là, a rétorqué M. Raynaud depuis Paris. Je dois être certainement plus âgé que ce monsieur, mais je ne me permettrais pas de dire ça d’une personne politique ou de quelqu’un d’autre. Je trouve ça très inélégant».

Charlie Hebdo

Posé et poli au bout du fil, l’auteur de l’œuvre mal-aimée Dialogue avec l’histoire, n’en revient toujours pas de la tournure des évènements.

«On n’est pas très loin de la guerre diplomatique. On est partis sur un ton, une sorte de guerre larvée... Cette chose aurait pu être évitée s’il y avait eu un peu de diplomatie au départ. Là, on assiste plutôt à un lynchage médiatique, c’est quelque chose qui n’est pas très décent.»

La controverse ne s’éteindra pas de sitôt. La presse française s’intéresse de plus en plus à l’histoire. Demain, une entrevue avec l’artiste doit paraître dans Charlie Hebdo. Les Inrocks l’ont également interviewé.

Pas de poursuite

Malgré la destruction de son œuvre, l’artiste a confirmé au Journal qu’il n’a pas l’intention de poursuivre la Ville de Québec, malgré ce qu’il avait déjà lui-même affirmé au Soleil en entrevue.

«Jamais, je ne suis pas du tout procédurier. Non, jamais je ne poursuivrai quelqu’un, ce n’est pas dans ma nature. Par contre, je ne laisse pas passer la chose. C’est la méthode que je n’accepte pas. On ne fait pas en place publique une sorte de fête, c’est quand même très irresponsable d’un politique», a-t-il ajouté. La Ville, suggère-t-il, aurait dû s’arranger pour démanteler l’œuvre «discrètement», à l’abri des caméras.

L’artiste dit avoir bel et bien été prévenu du démantèlement de son œuvre pour des raisons de sécurité. Il avait cependant été surpris d’apprendre par la presse québécoise qu’elle avait été démolie à coups de pelle mécanique.

Qui plus est, on lui a toujours fait miroiter une «restauration» et sa «reconstruction», mais le maire Labeaume avait déclaré à la presse qu’il serait étonné «qu’on reconstruise». C’est ce dernier rebondissement qui a poussé M. Raynaud à sortir de l’ombre à nouveau.