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De l'eau dans le gaz

De l'eau dans le gaz
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La récession se pointant le bout du nez, la Banque Centrale du Canada abaisse son taux directeur à 0,5%, une manœuvre de sauvetage classique et empruntant au déjà-vu devant une économie anémique gracieuseté d’une industrie pétrolière canadienne en panne d’essence.

L’industrie pétrolière canadienne carbure à la subvention depuis des années. Cela ne suffit plus. La baisse de la valeur du baril sur le marché international plombe sérieusement le commerce du pétrole des sables bitumineux dont l’extraction coûte très cher. L’économie canadienne lourdement propulsée par l’industrie pétrolière de l’Ouest en subit manifestement les contrecoups : il y a de l’eau dans le gaz !

Et cela ne va pas s’améliorer. La norme sociale bouge : nous sommes désormais plus conscients et plus responsables devant la menace que représente l’extraction supplémentaire de ce qui reste de pétrole dans le sol. La sagesse fait tranquillement mais solidement son nid : en extraire plus nous condamne à vivre dans un monde climatique déjanté de plus en plus imprévisible dans ses sautes d’humeur. Et cela, les investisseurs sensibles aux changements des besoins et des goûts des consommateurs le captent de plus en plus. Le charbon fait désormais parti des actifs échoués : les investisseurs le fuient comme la peste. Le pétrole, lourd ou pas, est de plus en plus considéré comme un actif à risque tellement sa valeur a été constamment boursoufflée par des évaluations théoriques et irréalistes de gisements de plus en plus difficiles d’accès et d’extraction.  Cette bulle risque de crever comme celle qui a pété dans le monde immobilier en 2008 et qui nous a tous soufflés. Les investisseurs les plus sages, comme par exemple, les frères Rockefeller, retirent leurs investissements du pétrole. Durant ce temps-là,  nos gouvernements persistent à soutenir le pétrole à coup de milliards en subvention et continuent à tenir un discours contradictoire et déroutant de développement durable à la sauce pétrolifère.

En attendant que l’on se décide enfin à prendre le virage d’une économie innovante en renonçant aux énergies des siècles passés et en misant sur les énergies renouvelables, propres et créatrices de nouveaux emplois, nous sommes invités à consommer davantage pour maintenir l’économie à flots. La baisse du taux directeur n’est rien d’autre que cela : une politique monétaire anti-épargne toujours accompagnée d’une invitation à la prudence faite aux ménages dont le taux d’endettement à la consommation atteint des sommets inquiétants. Un bel exemple de double-langage qui témoigne du cul-de-sac dans lequel se retrouve une économie en manque de créativité et de sagesse.