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Des enseignes bourrées de fautes

Une Longueuilloise collectionne les photos d’affiches contenant des erreurs de français

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Une résidente de Longueuil collectionne les photos d’affiches de commerces, de municipalités ou d’organismes où l’on retrouve des fautes de français.

Nathalia Akpa chasse les fautes de français qu’elle voit sur des enseignes et les prend en photo. Elle dit avoir commencé cette «collection» de photos il y a trois ans en déambulant dans les rues de plusieurs municipalités du Québec.

Depuis, elle dit en voir partout et trouve dommage que de plus en plus de commerces acceptent des affiches et enseignes publicitaires en se souciant peu de la qualité du français.

«C’est venu me chercher, je trouvais que c’était un non-sens de permettre cela», dit-elle. Elle en a même parlé à certains commerçants. «Ils m’ont vite fait comprendre de me mêler de mes affaires.»

Pétition

Mme Akpa a à son actif près de 200 photographies d’enseignes publicitaires contenant des fautes flagrantes et dit souhaiter que les autorités politiques municipales et provinciales interviennent pour éviter que cette fâcheuse habitude de massacrer le français écrit se répande.

«La loi 101 doit se doter d’un règlement par rapport aux affichages publics pour inciter les entreprises qui annoncent.»

Très souvent, affirme-t-elle, ces enseignes se trouvent dans des quartiers à forte concentration d’immigrants. Elle dit qu’il faut les accompagner dans leur volonté d’afficher leur entreprise. «Ces immigrants qui veulent apprendre le français vont se fier aux entreprises d’affichages publics pour livrer un message en français, mais s’il n’y a pas de contrôle vers les entreprises d’imprimerie, alors n’importe qui peut écrire n’importe quoi.»

Nathalia Akpa a démarré une pétition pour inciter les gens à joindre son mouvement pour exiger un meilleur encadrement dans la confection des affiches et dans l’utilisation de la langue écrite. Elle prévoit la déposer en fin d’année aux élus municipaux et provinciaux.

Question d’image

Le président du mouvement Impératif français, Jean-Paul Perreault, trouve épouvantable ce type d’erreurs qui se retrouve sur des enseignes et les affiches. «Quand on décide de s’afficher sur une publicité, il faut s’assurer que l’affichage ne renferme aucune faute de français. Il en va de l’image de l’établissement.»

Il estime que ça implique tous les partenaires qui voient à la réalisation du panneau. Le propriétaire du commerce et le concepteur doivent s’assurer que c’est sans fautes.

Mme Akpa croit que des fautes dans une enseigne n’incitent pas les gens à fréquenter le commerce qui tolère ces erreurs.

Le porte-parole de l’Office de la langue française du Québec, Jean-Pierre Leblanc, mentionne que rien dans la loi dit qu’on ne peut pas faire de fautes, donc, on ne peut obliger les gens à les corriger.

Nathalia Akpa trouve affreux le nombre d’enseignes comprenant des fautes de français.
Photo courtoisie
Nathalia Akpa trouve affreux le nombre d’enseignes comprenant des fautes de français.

Des fautes évidentes

Voici quelques-unes des erreurs les plus évidentes notées sur des affiches par Mme Akpa.

  • Le P’tie marcher de Quartier, commerce de Longueuil (Le P’tit marché)
  • Service au volant S.V.P. ne pas stationnez, Tim Hortons à Montréal (ne pas stationner)
  • Voyage Mondial Sensible Aux Temps, Agence de voyage à Montréal (Sensible Au Temps)
  • Noustransferons d’argent a (Nous transférons de l’argent à)