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L’altitude «artificielle» pour améliorer les performances

François Billaut a développé une technique pour augmenter le VO2max des athlètes

François Billaut mise sur des générateurs hypoxiques afin de simule
 l’altitude.
François Billaut mise sur des générateurs hypoxiques afin de simule l’altitude.

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Professeur agrégé au département de kinésiologie à l’Université Laval, François Billaut estime que l’altitude «artificielle», une technique en plein essor, peut venir en aide à plusieurs athlètes.

Celui qui a été approché par le Centre national de haut niveau du Québec simule l’entraînement en altitude à partir de générateurs hypoxiques. Soit en dormant dans une tente spéciale ou pendant un exercice avec un masque.

«Dans l’air ambiant, on compte environ 21 % d’oxygène. Les générateurs produisent un gaz étant appauvri en oxygène. Avec ces générateurs, on peut descendre jusqu’à 9 % ou 10 %. C’est-à-dire l’équivalent de 6000 m ou 7000 m d’altitude. On s’approche du mont Everest.

«Après quelques jours, la quantité de globules rouges dans le sang sera augmentée. C’est ce que recherchent les athlètes en endurance afin de maximiser le transport d’oxygène des muscles au cerveau. On est donc en mesure d’augmenter les VO2max, les performances au contre-la-montre.»

Résister à la fatigue

Selon le chercheur, plusieurs aspects entrent en ligne de compte lorsqu’il est question de performances.

«Les gains de performance sont variables d’un athlète à un autre. Les performances sont influencées par des aspects physiologiques, sociaux (la présence de compétiteurs), techniques et mentaux. Mais en général, un athlète de très haut niveau qui dort en tente (une dizaine d’heures par nuit) pendant trois ou quatre semaines consécutives peut augmenter son VO2max de 1 % à 2 %, ce qui est considérable.

«Lorsqu’il est question d’athlète comme Charles Philibert-Thiboutot, spécialiste des 1500 m, celui-ci augmentera sa résistance à la fatigue. Dans le cas de Charles, nous simulons aussi l’altitude au repos en plus de combiner avec d’autres exercices. En fin de compte, il deviendra plus puissant et résistant.»

Autre client

Spécialiste du vélo de montagne, Raphaël Gagné, médaillé d’or aux Jeux panaméricains, est un autre client de Billaut.

Aussi pour le football et le rugby

François Billaut estime que les joueurs de football et de rugby, par exemple, bénéficieraient aussi d’un entraînement en altitude.

«Dans les sports de plus courte durée (15 secondes et plus), on cherchera davantage à augmenter la puissance musculaire. Il y a des sports où on répète des sprints courts, c’est-à-dire que cinq, six ou sept secondes. «Le sprint lui-même ne sera pas amélioré par l’entraînement en altitude. Mais si on répète ce sprint de façon intermittente, comme au football, il est question d’endurance de vitesse. De récentes données montrent, dans ce cas-ci, que l’entraînement en altitude est bénéfique.»

Les travaux de Billaut en altitude artificielle sont dans la mire de plusieurs athlètes. «En plus de Charles et Raphaël, j’ai été contacté, entre autres, par l’homme fort Jean-François Caron ainsi que le club de canoë-kayak de Lac-Beauport. Dans le cas de Jean-François, nos techniques pourraient lui venir en aide puisqu’il doit lever de lourdes charges à plusieurs reprises.»