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La revue Planches a un an

Planches nº 4
Photo Courtoisie Planches nº 4, Collectif, revueplanches.com

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Le trimestriel de bandes dessinées québécoises Planches, dont le quatrième numéro vient tout juste de paraître, souffle sa première bougie.

C’est un sentiment de fierté qui anime les fondatrices Sandra Vilder et Émilie Dagenais. Et pour cause, car il y a deux ans à peine, elles étaient toutes deux étrangères au milieu.

Après avoir fait connaissance dans un cours de japonais à l’Université de Montréal, les deux lectrices éprises du neuvième art ont décidé de lancer une revue.

«On a eu notre idée fin octobre 2013. En novembre, on faisait déjà la série des festivals et salons pour rencontrer du monde», raconte Sandra Vilder. «On a posé un milliard de questions aux acteurs-clés du milieu et on a peaufiné notre projet en fonction des données qu’on a reçues.»

En août 2014, les éditrices ont lancé leur campagne de sociofinancement sur la plateforme Indigogo, avec un objectif de 20 000 $. Et 46 jours et 23 035 $ plus tard, leur rêve s’est concrétisé.

Revue

Les premiers collectifs de bandes dessinées québécoises (L’Écran, L’Hydrocéphale entêté, Le Petit Supplément illustré de Mainmise, Prisme, etc.)ont vu le jour dans les années 1970. Le plus emblématique d’entre tous demeure à ce jourTitanic, revue sœur du défunt magazine Croc, où Red Ketchup et Gilles La Jungle, notam­ment, firent leurs débuts. Au tournant des années 2000, La Pastèque (Spoutnik), Mécanique Générale (Formule 1), Zone Convective (Cyclope) et, plus récemment, le collectif annuel de genreFront Froid ont investi à leur tour ce territoire.

Pourquoi le tandem d’éditrices a-t-il emprunté cette même avenue? «Il y avait clairement un gros manque à combler dans le milieu, encore aujourd’hui; j’espère vraiment que nous contribuons à encourager le dynamisme de la bande dessinée québécoise», explique Émilie Dagenais.

An deux

Après quatre numéros en vente dans plus d’une cinquantaine de librairies – dont quelques-unes en France –, deux prix d’entrepreneuriat remporté et une présence accrue sur les médias sociaux et aux nombreuses manifestations liées au milieu, les deux jeunes femmes se préparent en vue d’une seconde année chargée.

Elles se défendent toutefois d’être une maison d’édition. Ainsi, les bandes de leurs collaborateurs ne feront pas l’objet d’albums, du moins pas par leurs soins. Elles lorgnent plutôt du côté événementiel.

Pourrons-nous y lire bientôt des auteurs confirmés de la trempe de Thierry Labrosse, Jacques Lamontagne ou Jimmy Beaulieu? «Évidemment, nous aimerions inviter des auteurs confirmés, mais nos tarifs à la planche ne sont pas assez concurrentiels. Un jour peut-être.»

C’est ce qu’on leur souhaite.

Brèves

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