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Radical Pouding: critique sociale cinglante

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Photo Archives / Agence QMI Fred Dubé.

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Les extrémistes, le racisme, l’État islamique et l’austérité sont quelques-uns des sujets abordés par Fred Dubé dans son nouveau spectacle solo, Radical Pouding. L’humoriste engagé assume ses opinions et ne se gêne pas pour les exposer au risque d’en froisser quelques-uns au passage.

Fred Dubé se distingue de la majorité de ses confrères en s’inspirant de trucs différents que de sa propre vie pour écrire ses blagues. Avec lui, on est très loin des observations de la vie quotidienne et des blagues de sexe. On ne peut plus cinglant, il tire à boulets rouges sur des sujets chauds de l’actualité en exposant sa vision des choses.

«Ce n’est pas la job des terroristes de mettre notre démocratie en danger, c’est la job d’Ottawa, de notre ignorance, des médias de masse, du Parti conservateur. Stephen Harper qui défend notre démocratie, c’est comme nettoyer de la “marde” en pissant dessus», s’exclame-t-il.

Humour intelligent

Avec lui, on rit autant qu’on réfléchit. Manifestement, un travail de recherche a été fait avant de passer à l’écriture des textes. Et l’humoriste se moque ouvertement de ceux pour qui humour doit rimer uniquement avec divertissement.

«Il y a quelqu’un qui travaille dans le “show-business” qui m’a déjà dit: “Fred, le public ne veut pas réfléchir, il veut être diverti”. C’est qui votre public cible, des raquettes de tennis pas de cordes? Michael Schumacher?», s’interroge-t-il.

Provocation

Ce dernier provoque les spectateurs et, par moment, on a l’impression qu’il nous teste, mesurant jusqu’où il peut aller. Au chapitre des malaises de la soirée, notons la blague où il affirme qu’être né en Irak, il se ferait exploser.

«Moi, personnellement, si j’étais né en Irak, pour ma fête de 18 ans, je me serais tapé 18 bâtons de dynamite autour de la taille et je serais allé donner un gros câlin à un soldat américain», affirme-t-il.

Contrairement à plusieurs, Fred Dubé ne tente pas d’être consensuel, bien au contraire. Il n’épargne personne: Guy A. Lepage, Jean Airoldi, la politique québécoise autant qu’internationale, la télévision, tout y passe... Même les commanditaires de la soirée et le grand patron de Juste pour rire, Gilbert Rozon!

Enfin, j'ai quitté ce spectacle quelque peu ébahie et, en même temps, impressionnée et rassurée qu’un humoriste québécois ose faire une critique sociale aussi cinglante et sans concession.

Points forts: la franchise à toute épreuve de Fred Dubé et l’intelligence de son humour

Point faible: parfois il va trop loin dans la provocation, le même message passerait tout aussi bien sans aller aussi loin

Malaises de la soirée: plusieurs petits malaises tout au long de la soirée, qui sont générés par le style d’humour au menu.