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Le scénario d'une fermeture de la SPA de Québec sur la table

Les deux ou trois prochaines années seront décisives pour l’organisme. La SPA de Québec lancera diverses initiatives pour solliciter la générosité du public.
Photo courtoisie SPA de Québec Les deux ou trois prochaines années seront décisives pour l’organisme. La SPA de Québec lancera diverses initiatives pour solliciter la générosité du public.

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La fermeture pure et simple fait partie des scénarios envisagés par la SPA de Québec si les dons de la population continuent d’être aussi anémiques, sans parler de ses locaux vétustes et trop petits qui continuent de poser problème.

«On va travailler très fort pour que la SPA continue de faire sa mission, mais si on n’a pas le soutien de la population, on va être obligés de conclure qu’il n’y a pas d’intérêt pour une SPA à Québec», évoque le directeur Denys Pelletier. «Tous les scénarios sont sur la table», y compris celui de la fermeture, dit-il.

Les deux ou trois prochaines années seront décisives pour l’organisme. La SPA lancera diverses initiatives pour solliciter la générosité du public. Toutefois, d’autres tentatives ont été faites dans le passé, comme l’organisation d’un spectacle-bénéfice, avec des résultats décevants.

Bon an mal an, la SPA parvient à recueillir un peu moins de 200 000 $. L’objectif de 1 million $ par an que se fixe M. Pelletier pour sortir la tête de l’eau est donc colossal. L’organisme tire parfois moins de 10 % de son financement des dons du public, alors qu’ailleurs au Canada cette proportion peut atteindre 50 %.

Outre les dons, les revenus de la SPA proviennent des frais d’adoption, mais surtout des services rendus aux villes: collecte des animaux morts, prise en charge des animaux lors d'incendies ou d’incidents criminels, etc. Dans la région de Québec, plusieurs villes ont des ententes de ce type, mais, depuis le début d’année, la Ville de Québec et la SPA ont choisi de divorcer.

Québec s’est tourné vers sa voisine d’en face pour assurer le service dans l’attente d’une solution permanente, si bien que Québec et Lévis ont maintenant le même sous-traitant privé: Contrôle d’animaux domestiques. C’est cette entreprise qui est intervenue à Charlesbourg dans la résidence insalubre où une trentaine de félins vivaient au milieu de leurs excréments.

Un divorce de raison

Ce fut un divorce de raison entre Québec et la SPA. D’une part, le volume d’animaux à prendre en charge était devenu trop important pour la grandeur des locaux, explique Denys Pelletier. D’autre part, un montant annuel d’environ 800 000 $ était loin d’être à la hauteur des services rendus, à son avis.

À titre de comparaison, SPA Mauricie reçoit annuellement 400 000 $ pour des services similaires. Au prorata de la population, c’est le double. En additionnant la superficie des succursales de Shawinigan et de Trois-Rivières — des locaux neufs et construits sur mesure —, la SPA Mauricie dispose de 17 000 pieds carrés, c’est-à-dire plus du double des locaux de la rue Galilée où est installée la SPA de Québec, dans un ancien garage de mécanique des années 80.

Lorsque l’entente avec la Ville de Québec était en vigueur, «on mangeait nos bas, témoigne le directeur de la SPA de Québec. On a fait état qu’on ne pouvait pas continuer, pour des considérations financières», évoque-t-il. La Ville était bien d’accord sur les principes, mais n’avait pas le budget nécessaire pour aller de l’avant.

M. Pelletier n’en veut aucunement à la Ville. Il serait bien d’accord pour signer une nouvelle entente si celle-ci permettait à l’organisme de faire ses frais.

La Ville de Québec projette de construire un centre animalier de 5 millions $ sur les terrains de l’ancien zoo. Ce centre ne serait pas forcément occupé par la SPA. Le conseiller municipal responsable du dossier, Patrick Voyer, n’a pas rappelé Le Journal. Sylvain Gagné, responsable des communications à la Ville, a indiqué que le projet est toujours «à l’étude», sans préciser davantage.