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Loi sur le tabac : 34 organismes en audience publique

Bloc tabac fumeur cigarette
Photo d'archives

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Pas moins de 34 personnes, groupes et organismes sont à l’horaire des audiences publiques de la loi 44 qui vient renforcer la lutte contre le tabagisme et qui y inclut la cigarette électronique.

Cinq jours complets seront nécessaires, entre le 18 août et le 3 septembre, pour entendre tout ce beau monde.

On peut classer les intervenants en trois grandes catégories : les organismes du milieu de la santé, les détaillants de différents produits dont le tabac et les lobbys antitabac.

Côté santé, notons par exemple l’Association pulmonaire du Québec, l’Institut de cardiologie de Montréal, la Fondation des maladies du cœur et l’Institut national de santé publique.

Côté vente au détail, l’Association des propriétaires de chicha veut se faire entendre. La chicha est une préparation aromatique contenant un peu de tabac qui est très populaire entre autres en Europe de l’Est. La Corporation des propriétaires de bars fera aussi entendre ses arguments, tout comme Fédération canadienne de l’entreprise indépendante et l’Association québécoise des dépanneurs. Breuvages Blue Spike, Imperial Tobacco et l’importateur de cigares Casa Cubana veulent aussi une voix au chapitre.

Enfin, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, la Coalition contre le tabac de contrebande et l’Association pour les droits des non-fumeurs auront aussi droit à une heure chacun.

Telle que présentée par la ministre déléguée à la Santé, Lucie Charlebois, la loi 44 prévoit l’interdiction de fumer dans un véhicule en présence d’un mineur de moins de 16 ans ainsi que sur les terrasses et à moins de neuf mètres de la porte de tout lieu public.

Cigarette électronique
Bloc tabac fumeur cigarette
Photo Fotolia

La cigarette électronique est aussi visée dans ce projet de loi qui soumettrait son usage aux mêmes règles que la cigarette traditionnelle. Toutefois, aucun représentant de l’industrie de la cigarette électronique ne sera entendu.

Sauf que plusieurs spécialistes en santé sont favorables à son utilisation pour cesser de fumer le tabac. Fin mai, dans Le Journal, deux médecins avaient publiquement dénoncé le projet de loi 44 qui, dans sa forme actuelle, prévoit assimiler la cigarette électronique au tabac, même si les risques pour la santé de l’un et l’autre n’ont rien de comparable.

L’interdiction de vapoter dans les lieux publics «n’a aucun fondement scientifique» puisque la vapeur inhalée ou la vapeur secondaire ne comporte aucun danger, avait dit le Dr Martin Juneau, de l’Institut de cardiologie de Montréal, un organisme que disposera d’une heure aux audiences.

Le Dr Gaston Ostiguy, pneumologue au Centre universitaire de santé McGill, sera aussi présent. «Le message qu’on envoie [dans cette loi], c’est que la cigarette électronique est aussi dangereuse que le tabac, ce qui est très faux. On sait que la cigarette électronique est 95% plus sécuritaire que le tabac.»

Les spécialistes en matière de santé publique répondront qu’ils craignent que voir les adeptes de la cigarette électronique, entre autres les jeunes, basculer vers le tabac traditionnel.