/news/currentevents
Navigation

Cloués au sol par la chaleur

Les avions des écoles de pilotage de Saint-Hubert ne peuvent pas voler lorsque la température est élevée

La chaleur peut mettre les avions à rude épreuve, explique le chef instructeur du collège Air Richelieu, Richard Blackburn.
Photo henri-paul raymond La chaleur peut mettre les avions à rude épreuve, explique le chef instructeur du collège Air Richelieu, Richard Blackburn.

Coup d'oeil sur cet article

La chaleur intense de cette semaine ne fait pas que des heureux. Les avions de trois écoles de pilotage de Saint-Hubert sont littéralement cloués au sol en raison de la canicule.

Les opérations en subissent les contrecoups, allant jusqu’à une baisse de 75 % du nombre de vols.

La raison en est bien simple, quand il fait 25 degrés et plus, les exercices de posé-décollé (soit l’atterrissage d’un petit avion suivi immédiatement d’un décollage sans faire un arrêt complet) sont carrément annulés. Les exercices de manœuvres aériennes sont aussi interrompus quand le mercure grimpe à 27 degrés.

La chaleur extrême affecte directement les opérations d’un avion qui nécessite une distance plus grande pour décoller et plus de puissance pour grimper dans les airs. Les risques de surchauffe du moteur sont plus importants, ce qui réduit directement la durée de vie de l’appareil d’environ 25 %.

Avions silencieux

La canicule a également d’autres conséquences sur la formation des futurs pilotes, nous apprend le chef instructeur du collège Air Richelieu, Richard Blackburn. «La chaleur amène aussi des risques d’orage, souvent des visibilités réduites et des possibilités de vents de dos tout en restreignant grandement les performances de l’appareil.»

Les 22 appareils de l’école qui accueille des étudiants en pilotage sont donc silencieusement alignés sur le terrain de l’école et les étudiants sont retournés chez eux, retardant leur formation.

Cette situation a un impact sur l’entreprise. «Décaler dans le temps des séances de formation en avion est une perte pour nous, parce que ton équipement est là, ton monde est là, mais il ne peut pas travailler.»

Généralement, Air Richelieu compile 200 heures de vol par jour avec tous ses appareils actifs. Il s’en fait trois fois moins actuellement.

Éric Raissac est le chef d’entreprise de CPAQ Aero et il abonde dans le même sens que M. Blackburn. «Nous, on est une petite école et si les vols sont annulés, oui ça a un impact financier.»

Avantage pour certains

Point positif cependant, les mécaniciens profitent de cette «pause forcée» pour faire plus de travail sur les appareils.

Les résidents qui habitent sous le corridor aérien qu’empruntent les petits avions sont aussi satisfaits. «C’est un répit pour nous, il y en a tellement d’habitude», affirme Serge Gervais de Saint-Hubert. «Moi, ça ne me dérange pas trop, mais là, il y en a moins, et c’est pas mal mieux», ajoute Claude Fortin, aussi de Saint-Hubert.