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Quelques mots de travers... et congédiée pour déloyauté

Provigo
Photo Archives / Journal de Montréal

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Le congédiement d’une caissière d’un Provigo ayant déclaré à un client que des produits sont moins chers chez Walmart était justifié, a tranché mardi la Cour supérieure du Québec.

L’instance a rejeté une demande d’annulation déposée par le syndicat de la salariée, qui travaillait dans un marché Provigo de Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière.

Le 18 avril 2013, la caissière Nancy Beaulieu discutait avec un client du Provigo qui était sur le point de payer ses achats. Elle lui a demandé s’il avait fréquenté le Walmart de Joliette depuis la rénovation de cet établissement. Le client a répondu par l’affirmative. Nancy Beaulieu a ensuite mentionné que les prix sont moins élevés chez le compétiteur, en indiquant le prix d’un fromage dans chacun des deux commerces.

Le client, «choqué par les propos de la réclamante», en a informé la copropriétaire du Provigo. Celle-ci a décidé de suspendre Nancy Beaulieu, sans solde, du 19 avril au 10 mai 2013. Le 25 avril, Mme Beaulieu a été congédiée.

Nancy Beaulieu était représentée par le Syndicat des travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce, local 500, qui a déposé un grief pour contester le congédiement. L’affaire s’est retrouvée entre les mains d’un arbitre de griefs.

«Une faute odieuse»

Au moment de son congédiement, Nancy Beaulieu travaillait comme caissière à temps partiel depuis 18 ans et son dossier disciplinaire était vierge.

Devant l’arbitre, elle d’abord nié les faits. «Elle a par la suite admis qu’il était possible que, le 18 avril 2013, elle ait souligné à un client qu’elle avait déjà acheté du fromage chez Walmart et qu’elle l’avait payé 3 $ de moins que chez l’employeur», écrit l’arbitre. «Selon elle, elle n’a toutefois jamais incité ce client à aller y faire ses achats.»

Pour l’employeur, il s’agissait d’un manque de loyauté, mais le syndicat estimait que le congédiement constituait une sanction abusive.

Le 13 mars 2014, l’arbitre a donné raison à l’employeur: «Non seulement les entreprises de taille moyenne, comme l’employeur, doivent désormais compter des géants tels Walmart parmi leurs concurrents, mais elles doivent de plus consentir à leurs salariés syndiqués des conditions de travail largement supérieures à celles offertes par les grandes surfaces à leurs salariés non syndiqués. Dans un tel contexte, la déloyauté d’une caissière constitue non seulement une faute grave, mais également une faute odieuse.»

Le syndicat a rapidement demandé à la Cour supérieure d’annuler le congédiement, en soutenant que l’arbitre avait commis des erreurs.

La Cour a maintenu la décision de l’arbitre. «Il est impensable qu’une caissière qui sert un client, au moment où il paie pour ses emplettes, lui dise que certains produits qu’il achète sont moins chers chez un compétiteur», a écrit le juge Michel A. Pinsonnault dans sa décision datée du 4 août.