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Les tortues n’aiment pas qu’on les aide

L’UPA a dépensé 30 000 $ pour un site de ponte qui a fait fuir les tortues

Les tortues n’aiment pas qu’on les aide
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SAINT-MATHIAS-SUR-RICHELIEU | L’Union des producteurs agricoles a dépensé 30 000 $ pour construire un habitat pour les tortues serpentines, qui depuis, semblent avoir fui les lieux.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) se préoccupait de la survie des tortues serpentines vivant en bordure de la rivière des Hurons Est, à Saint-Mathias-sur-Richelieu, et a décidé de les aider dans leur reproduction.

Très souvent, les tortues traversaient la route pour aller dans un petit étang naturel situé sur le terrain agricole d’Olivier­­ Martin, propriétaire de sa ferme depuis 2003. Depuis qu’il habite à cet endroit, il a toujours vu des tortues dans son environnement.

«Je suis en bordure de la rivière des Hurons et les autos devaient souvent freiner parce qu’il y avait des tortues sur la route. En parlant avec mes voisins, eux aussi ont dit qu’ils en voyaient souvent. Mais depuis un an, il n’y en a plus», affirme Olivier Martin.

En 2013 et 2014, l’UPA, en collaboration avec divers partenaires fédéraux et provinciaux, a aménagé un habitat le plus naturel possible pour la tortue sur le terrain de M. Martin, en plus d’installer deux panneaux routiers pour inviter les automobilistes à la vigilance dans ce secteur. La municipalité a aussi abaissé la vitesse permise de 70 à 50 km/h.

Ces travaux d’aménagement, terminés en mai 2014, ont coûté 25 000 $ à l’UPA et ses partenaires et 5000 $ au producteur.

Où sont passées les tortues?

Depuis l’aménagement du site avec plantation d’arbustes et de plantes aquatiques, la tortue a disparu.

L’agente en agroenvironnement à l’UPA, Chantale Soumahoro, avoue qu’une fois les travaux accomplis, les tortues, qui étaient pourtant visibles chaque semaine, sont devenues invisibles.

«Ça faisait deux ans qu’on était en intervention sur le site. On s’entend qu’il y a eu perturbation du milieu. Une présence humaine avec de la machinerie dans un lieu de nidification a généralement pour effet d’éloigner les tortues de leur site régulier», confesse-t-elle.

On espère qu’elles reviendront

Une somme de 30 000 $ a été dépensée pour aménager l’étang pour tortues.
Photo Henri-Paul Raymond
Une somme de 30 000 $ a été dépensée pour aménager l’étang pour tortues.

Mme Soumahoro espère qu’avec le temps, les tortues reprendront possession de cet habitat. Elle avoue toutefois que ce type de tortue peut se déplacer sur une distance de cinq kilomètres et chercher un autre endroit sablonneux pour pondre.

M. Martin dit ne plus voir de tortues, ni des serpentines ni des plus petites, les tortues des bois, depuis les travaux. Les deux lieux de ponte aménagés sur son lot sont inutilisés. Il en a toutefois aperçu une, le vendredi 31 juillet, après plus d’un an d’absence.

Jacques Nadeau, du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, indique ne pas tenir de registre sur la présence de tortues sur le Chemin de la rivière des Hurons Est et le Chef du Service de l’urbanisme, Philippe Gaudet, en poste depuis deux ans à la municipalité de Saint-Mathias, admet emprunter souvent le Chemin des Hurons et n’avoir jamais vu de tortues.

 

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