/misc
Navigation

La récession pétrole

Coup d'oeil sur cet article

S.O.S. Jamais un tel scénario n’aurait pu être pensable il y a à peine un an. Et pourtant. Le Canada est actuellement en récession.

S.O.S. Jamais un tel scénario n’aurait pu être pensable il y a à peine un an. Et pourtant. Le Canada est actuellement en récession.

Les données sur l’activité économique qui seront publiées le mois prochain vont confirmer que l’économie canadienne est en panne sèche.

Et ce n’est pas faute d’avoir du pétrole en quantité suffisante pour produire de l’essence. Les réserves des sables bitumineux de l’Alberta sont pleines à craquer.

Le gouvernement conservateur, qui a tout misé sur le pétrole de l’Alberta depuis 2008, n’a d’ailleurs que lui-même à blâmer pour cette situation gênante.

Ces dernières années, un nombre important d’économistes lui avaient d’ailleurs rappelé l’importance de diversifier l’économie canadienne afin de ne pas se retrouver là où nous en sommes.

C’est d’ailleurs la pire situation pour le gouvernement Harper qui se retrouve au cœur d’une campagne électorale pour défendre ses politiques économiques devant des électeurs médusés.

Il faut dire que sur la planète pétrole, le brut de l’Alberta a toutes les misères du monde à trouver preneur.

Son coût de production, très élevé pour le prix actuel (sous les 45 $ US), a d’ailleurs forcé plusieurs pétrolières à suspendre leurs projets de développement au Canada.

Résultat: on continue d’assister à des mises à pied de travailleurs et à des fermetures d’entreprises massives liées au secteur pétrolier.

Le secteur manufacturier, qui devait profiter de la baisse du dollar canadien, peine également à tirer son épingle du jeu. Le «mal hollandais» tarde à s’inverser.

Effet direct

Il faut dire qu’au Canada, le prix du baril de pétrole a aussi un effet direct sur les finances du gouvernement fédéral.

La descente brutale des cours du pétrole observée depuis un an a d’ailleurs fait perdre des revenus significatifs au gouvernement fédéral, soit plus de 9 milliards $.

Il y a un an, le prix du baril de pétrole (West Texas) valait plus de 105 $ US. Hier, ce prix du baril ne valait plus que 44,13 $ US.

Chaque baisse de 10 $ du prix du baril du brut se traduit par une perte de revenus de 1,5 milliard $ dans les coffres d’Ottawa.

Pendant ce temps, l’économie canadienne patauge et fait du surplace. Les économistes des grandes banques parlent d’une récession non conventionnelle.

En mai dernier, le produit intérieur brut (PIB) du Canada a reculé pour un cinquième mois consécutif. Les données sur le mois de juin (publiées le mois prochain) vont confirmer que le pays est en récession (deux trimestres négatifs).

On s’en va où ?

Continuer à tout miser sur le pétrole (comme par le passé) pourrait d’ailleurs s’avérer une grave erreur pour le Canada au cours des prochaines années, estiment de plus en plus d’économistes.

Pourquoi? Parce que les producteurs de pétrole de l’Arabie saoudite ne lâcheront pas de lest et vont continuer à produire en grande quantité, même à perte s’il le faut, pour conserver leurs parts de marché.

Et alors que l’offre mondiale de pétrole est déjà supérieure à la demande, la levée des sanctions avec l’Iran va permettre à ce pays producteur d’augmenter sa capacité de production dès l’an prochain.

Ce qui fait dire aux analystes de la banque Goldman Sachs que, dans ce contexte, le prix du baril de pétrole va demeurer très bas d’ici 2020. On parle d’un prix moyen de 55 $ US au cours des cinq prochaines années. De quoi donner des maux de tête au prochain ministre des Finances du pays.

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.