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Un chauffeur d’UberX vandalisé craint ses ex-collègues

Taxi UberX
Photo Journal de Montréal, Christopher Nardi Un chauffeur qui travaille maintenant avec UberX dit qu’il a de bien meilleures conditions de travail, mais craint les représailles.

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Un chauffeur d’UberX dont la voiture a été vandalisée avec des œufs la semaine dernière dit qu’il évite à tout prix de travailler dans les secteurs les plus achalandés de Montréal, par crainte d'autres représailles de la part des chauffeurs de taxi.

«Avant, je travaillais avec Uber au centre-ville et à l’aéroport. Mais maintenant que je commence à voir le trouble que nous donnent certains taxis et même le Bureau du taxi, je reste dans des coins plus tranquilles, même si je ferai moins d’argent», confie Jean, qui a demandé qu’on change son nom par crainte de représailles.

Celui qui travaille avec Uber depuis maintenant deux mois a passé 10 ans comme chauffeur de taxi avant de faire le saut vers la controversée entreprise américaine. Depuis, il s’est déjà fait saisir une fois son véhicule par les inspecteurs du Bureau du taxi.

Violence inquiétante

De plus, il craint maintenant d’être reconnu par ses anciens collègues et de se faire davantage viser par les «électrons libres». Aussi porte-t-il toujours plusieurs accessoires – lunettes, chapeau, foulard – pour passer inaperçu.

«Les taxis se battent contre Uber, mais ils font ça de la mauvaise façon et c’est inquiétant. Nous sommes dans un pays de droit, alors ne me touchez pas et ne touchez pas à ma voiture. Ce n’est pas en essayant de me frapper que les taxis vont régler leurs problèmes», ajoute l’utilisateur d’UberX.

Rappelons que lundi, Le Journal a filmé des chauffeurs de taxi tandis qu’ils piégeaient deux voitures associées à l’entreprise pour ensuite les mitrailler d’œufs. Une scène qui avait même soulevé l’indignation du ministre des Transports.

Meilleures conditions

Malgré l’avenir incertain de l’entreprise américaine au Québec, Jean dit qu’il espère ne jamais devoir retourner au taxi traditionnel.

En plus de devoir débourser près de 150 $ par jour pour la location d’un taxi ainsi que l’essence juste pour pouvoir travailler, il dit qu’être un chauffeur régulier comporte son lot important de dangers.

«Tu dois vivre avec des clients agressifs, des clients qui partent sans te payer, et même des clients qui te volent», raconte Jean.

De plus, il dénonce l’entretien déficient et la malpropreté de plusieurs voitures qui lui ont été louées par son ancienne enseigne de taxi.

Sur des photos qu’il a montrées au Journal, on voyait de la poussière, de la boue et même de la moisissure dans un véhicule qu’on lui louait régulièrement.

«Cette voiture roule encore aujourd’hui, c’est dégueulasse. Il faut que les propriétaires s’occupent de leur voiture. Au moins, avec UberX, j’utilise ma propre voiture, que j’entretiens moi-même», résume le chauffeur.

 

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