/sports/others
Navigation

Un défi à la hauteur de leur amie disparue

Une équipe de 24 personnes se relaie à la mémoire de Marie-Brigitte Testa

Au total, une centaine de braves feront les 24 heures, à vélo ou à pied, seuls ou en relais.
photo Daniel Mallard Au total, une centaine de braves feront les 24 heures, à vélo ou à pied, seuls ou en relais.

Coup d'oeil sur cet article

Elles en sont pour la plupart à leur première expérience aux 24 heures du Lac. Qu’elles marchent peu ou régulièrement, les filles de l’équipe réunie en mémoire de Marie-Brigitte Testa avaient l’intention de faire le tour du lac Beauport avec la même fougue que leur amie morte du cancer.

À 39 ans seulement, cette mère de famille s’est éteinte en février dernier après un combat de 26 mois contre la maladie. L’événement, qui en est à son 10e anniversaire, lui servait d’exutoire dans sa bataille quotidienne. Elle y a participé en 2013 et l’an dernier, lorsqu’elle marchait en s’aidant de béquilles en raison d’une fracture de la hanche.

«Elle faisait preuve de beaucoup de persévérance et, quand ses amis m’ont demandé si j’étais d’accord avec cette activité, j’ai tout de suite dit oui», racontait avant le départ la mère de Marie-Brigitte, Claire Bélisle, qui fait elle aussi le tour.

Une cause collective

La présence du groupe est d’autant plus significative que la Fondation québécoise du cancer est l’un des quatre organismes associés à l’événement. Les fonds amassés seront aussi distribués à la Fondation Rêves d’Enfants, à la Fondation Cité-Joie et au Club Rotary Québec-Charlesbourg. L’organisateur Philippe Canac-Marquis espère recueil­lir 75 000 $ cette année.

À l’instar de leur amie, les 24 membres de l’équipe font donc preuve de ténacité depuis hier après-midi et elles se relaieront jusqu’à la fin du défi, à 14 h aujour­d’hui. La défunte les accompagne dans leur mission, sa photo ornant l’une des manches de leur maillot.

«Elle s’accrochait grâce à des défis com­me ça et elle n’a jamais lâché, a poursuivi Mme Bélisle. Elle a toujours espéré en venir à bout [du cancer] et elle n’était pas nerveuse face à sa maladie.»

Une députée active

Entre son saut dans l’arène politique et l’apprentissage de sa nouvelle vie professionnelle, la libérale Véronyque Tremblay fait son troisième tour du lac Beauport. La députée de Chauveau espère marcher pendant 12 heures.

«C’est la deuxième fois que je le fais en équipe et, depuis une semaine, je fais un tour à pied chaque matin avant d’aller travailler, a-t-elle dit. J’avais commencé l’entraînement au printemps, mais la campagne a changé les plans. En toute honnêteté, je ne suis pas dans ma meilleure forme.»

Au total, une centaine de braves feront les 24 heures, à vélo ou à pied, seuls ou en relais. À ce nombre s’ajouteront 200 autres participants pour le volet Marcheur d’un tour.

« Le plus dur, c’est la nuit »

En plus d’épouser quatre causes, les 24 heures du Lac poussent les participants au dépassement de soi. Marlène Bouillon et son conjoint Jean-Guy Arsenault en sont un exemple frappant.

Le couple a amorcé hier un long périple qui ne s’arrêtera qu’à la conclusion du marathon caritatif, cet après-midi. Si l’homme a l’intention d’accomplir l’exploit en courant, après l’avoir fait trois fois à la marche, la dame souhaite marcher pendant tout l’événement pour une cinquième année.

«Le plus dur, c’est la nuit, alors qu’il y a moins d’animation, la fatigue est là et parfois même des nausées. Les bobos ressortent mentalement, explique cette nutritionniste de 50 ans. Il faut être mentalement prêt et s’accrocher, en sachant que le pire est là. La douleur est temporaire, alors que pour les enfants [la cause], la douleur est présente tous les jours.»

Sortie quotidienne

Leur entraînement est simple. Une marche quotidienne, et ce, peu importe les caprices de dame Nature. Marlène Bouillon insiste pour dire que son mari et elle ne sont pas des athlètes. Une préparation adéquate et une volonté de réussir sont la recette du succès. «On marche 365 jours par année et on cherche les contraintes de température afin d’être prêts à toute éventualité, mentionne-t-elle. La semaine passée, on sortait dans la chaleur!»

L’an dernier, Jean-Guy Arsenault, 55 ans, a établi un nouveau record avec 19 tours du lac Beauport, totalisant 144 km. «Cette année, si tout va bien, j’espère en faire 28 à la course en dosant bien mon rythme.»

Un trio d’enfer

Après avoir complété les 24 heures à vélo en 2013, Patrick Vien, Alexandre Moisan et Michel Maranda tentent de reproduire le même scénario ce week-end. Les conditions météorologiques difficiles l’an dernier les avaient forcés à renoncer.

«Tout est psychologique, confie M. Vien. C’est ça qui va t’aider. Que t’aies fait 250 ou 1000 km à vélo, ça ne change rien. De plus, ce n’est pas un défi de vitesse, mais d’endurance.»

 

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.