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Des permis de taxi à gros prix

Leur valeur n’a jamais été aussi élevée à Québec, alors qu’elle est en baisse à Montréal

Abdallah Homsy (à gauche), président de la flotte Taxi Coop Québec, et le président de Taxi Coop Montréal, Driss Bouamira. La valeur des permis de taxi augmente à Québec, alors qu’elle baisse dans la métropole.
photo jean-françois desgagnés Abdallah Homsy (à gauche), président de la flotte Taxi Coop Québec, et le président de Taxi Coop Montréal, Driss Bouamira. La valeur des permis de taxi augmente à Québec, alors qu’elle baisse dans la métropole.

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Pendant qu’UberX tente une percée au Québec, la valeur des permis de taxi n’a jamais été aussi élevée à Québec, en hausse de 33 % depuis cinq ans alors qu’elle a baissé de 5 % à Montréal.

Les données compilées par la Commission des transports du Québec montrent que l’industrie québécoise du taxi roule à deux vitesses.

À Québec, il faut maintenant allonger en moyenne 196903$ pour un permis (A-36) de taxi, comparativement à 148055$ il y a cinq ans, soit une différence notable de 48848$ (+33 %).

Or, à Montréal, c’est tout le contraire qui est observé. Pour un permis de taxi (A-11), le prix moyen s’affiche en légère baisse, passant de 198827$ à 189180$ depuis cinq ans.

«On peut dire qu’un permis de taxi demeure encore un très bon placement à Québec. La demande est très forte», affirme le président de la flotte Taxi Coop Québec Abdallah Homsy, qui compte tout près de 400 membres.

La menace UberX

À l’autre bout de la 20, la baisse de la valeur des permis démontre que l’industrie du taxi demeure sous pression.

«L’économie de Montréal est plus difficile. Les courses sont moins nombreuses et la menace d’UberX demeure bien présente», reconnaît le président de Taxi Coop Montréal, Driss Bouamira.

Chez FinTaxi (qui se spécialise dans le financement de permis de taxi partout au Québec), on note malgré tout un marché de l’offre et de la demande qui demeure très actif dans la métropole.

«Les transactions sont courantes», note la vice-présidente au développement des affai­res de FinTaxi, Josée Patry.

Ces derniers jours, FinTaxi dit avoir finalisé une transaction pour un permis (avec voiture) à Montréal pour la somme de 200000$. Hier, sur différents sites de petites annonces, on pouvait trouver des permis de taxi (A-11) offerts à des prix variant entre 190000$ et 205000$ dans la région de Montréal.

Dix fois plus de permis à Montréal

Il faut dire que la métropole compte 10 fois plus de permis de taxi en circulation (plus de 4500) que dans la région de Québec.

Bon an mal an, plus de 200 permis de taxi changent de main à Montréal, contre seulement une trentaine à Québec.

«Il y a des gars qui arrivent au Canada et qui s’achètent littéralement un emploi dans l’industrie du taxi. Lorsqu’ils mettent 50000$ de leur poche pour acheter un permis, ils ont intérêt à ce que cela fonctionne», dit le président de Taxi Coop Québec.

Le financement se complique avec l’arrivée d’UberX

Dory saliba, Président, Taxi Hochelaga
Photo courtoisie
Dory saliba, Président, Taxi Hochelaga

L’arrivée du service UberX a des effets auprès des certains établissements qui financent l’achat des permis de taxi.

«À Montréal, des prêteurs viennent de resserrer les conditions de financement pour un permis de taxi», soutient le président de Taxi Coop Montréal, Driss Bouamira.

Certaines caisses ne financeraient plus que 133000$ sur le prix d’achat d’un permis. Par le passé, le montant maximal d’un prêt s’élevait à 150000$.

Par ailleurs, le taux d’intérêt annuel serait passé à 6,6 % dans certaines institutions, en hausse de près de 1 % en quelques semaines.

Bon volume d’affaires

«Tant que les politiciens diront qu’UberX est illégal et que des véhicules seront saisis et des amendes données, la valeur des permis va demeurer», croit pour sa part le président de Taxi Hochelaga, Dory Saliba.

Selon ce dernier, la valeur des permis tient le coup dans la métropole parce que le volume d’affaires demeure encore très bon.

M.Saliba dit n’avoir pas noté, ces dernières semaines, de changement d’attitude de la part des institutions financières envers l’industrie du taxi. «Le financement est là et il y a des acheteurs pour les permis. Cela demeure un très bon investissement», fait-il valoir.

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