/investigations/sptrades
Navigation

La Caisse de dépôt investit dans une zone à haut risque sismique

Plusieurs milliards de dollars injectés à Seattle située sur une faille géologique

Coup d'oeil sur cet article

SEATTLE | La Caisse de dépôt et placement du Québec possède près de 6 milliards de dollars de placements immobiliers dans la région nord-ouest du Canada et des États-Unis, qui sera éventuellement frappée, selon des experts, d’un très violent tremblement de terre.

SEATTLE | La Caisse de dépôt et placement du Québec possède près de 6 milliards de dollars de placements immobiliers dans la région nord-ouest du Canada et des États-Unis, qui sera éventuellement frappée, selon des experts, d’un très violent tremblement de terre.

Depuis le milieu de 2013, la Caisse a investi 670 M$ US, avec son partenaire Callahan Properties, pour faire l’acquisition de trois tours de bureaux au centre-ville de Seattle.

Ces immeubles sont à l’intérieur d’une zone qui pourrait être frappée par un séisme dévastateur, selon les spécialistes en gestion des mesures d’urgence aux États-Unis.

Cette question a récemment refait surface à la suite de la parution d’un article sur les risques d’un séisme majeur dans la revue The New Yorker sous le titre «The Really Big One».

Les experts interrogés par le magazine s’attendent à ce que le séisme atteigne une magnitude entre 8,7 et 9,2 sur l’échelle Richter dans le couloir de Portland, Seattle et Vancouver. Ce n’est qu’une question de temps, selon eux.

La Caisse et sa filiale immobilière, Ivanhoé-Cambridge, possèdent non seulement des édifices à Seattle, mais aussi à Vancouver et sur l’île de Vancouver, deux villes également situées sur une faille géologique.

Toutefois, la Caisse et sa filière immobilière tiennent à rassurer les Québécois que leur bas de laine n’est pas à risque dans ce scénario apocalyptique.

Kenneth Murphy, FEMA
Kenneth Murphy, FEMA

Un risque calculé

Le porte-parole d’Ivanhoé-Cambridge Sébastien Théberge dit que tous ses actifs importants sont bien protégés dans l’éventualité d’une catastrophe naturelle.

«Ivanhoé Cambridge applique une rigoureuse gestion intégrée des risques pour toutes ses propriétés situées dans les zones à haut risque sismique comme celle de la côte nord-ouest du Pacifique», assure-t-il.

«Cette approche inclut une couverture d’assurance de haut niveau qui contribue à atténuer l’impact financier associé au risque de tremblement de terre important. C’est une réalité locale qui, bien qu’imprévisible, est un facteur important pour assurer la pérennité de nos investissements», a ajouté M. Théberge.

Destruction majeure

La Federal Emergency Measures Agency (FEMA), qui est citée dans l’article, calcule que 75 % des édifices dans la région seront détruits. Certaines tours de bureaux, proches de la côte, pourraient carrément glisser dans l’océan à la suite de glissements de terrain. Le réseau électrique tombera aussi en panne.

«Notre hypothèse de travail est que tout ce qui est situé à l’ouest de l’Interstate 5 sera presque entièrement détruit (will be toast)», a déclaré Kenneth Murphy, le patron régional de la FEMA au New Yorker.

Le dernier séisme de cette ampleur a eu lieu en 2011 au Japon. Le désastre du séisme et le tsunami qui a suivi avaient fait 18 000 morts. Le coût du désastre s’est élevé à 220 milliards $.


 

Des centaines de millions investis dans la zone à très haut risque

Depuis 2013, Ivanhoé-Cambridge, la filiale immobilière de la Caisse, a fait des investissements de 670 M$ à Seattle en achetant des tours de bureaux au centre-ville.
 
Ivanhoé a fait l’acquisition du Wells Fargo Center, une tour de 47 étages construite en 1983, pour 390 M$ US en juin 2013.
 
Le chef de file de l’immobilier a aussi acheté un complexe de deux tours de bureaux sur les 2e et 3e avenues, de 707 500 pieds carrés, pour 280 M$ US en novembre 2014. Cette société possède maintenant plus de 2,2 millions de pieds carrés au centre-ville de Seattle. 
 
Toutefois, en mars dernier, la Caisse a vendu deux tours de bureaux à Bellevue, une banlieue cossue à l’est de Seattle considérée comme un endroit à très haut risque. 
 
Ivanhoé-Cambridge a souligné qu’elle possède aussi des centres commerciaux ailleurs dans la région nord-ouest des États-Unis, qui sont éloignés du Pacifique, dit son porte-parole Sébastien Théberge.