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«C’était un excellent instructeur»

Le pilote du Beaver qui s’est écrasé près de Tadoussac n’était pas téméraire

Romain Desrosiers
Photo courtoisie Romain Desrosiers, le pilote décédé aux commandes du Beaver.

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Romain Desrosiers, le pilote de l’hydravion qui s’est écrasé au nord de Tadoussac dimanche, était prudent, minutieux et cumulait près de 6000 heures de vol.

Frédéric Gauthier et son père, Gilles, connaissaient le pilote de Saint-David-de-Falardeau depuis toujours, eux qui ont été voisins pendant de nombreuses années.

Selon eux, Romain Desrosiers, l’une des six victimes de la tragédie, était un as du pilotage très expérimenté qui ne courait jamais de risques inutiles.

«C’était un excellent instructeur qui savait rassurer les gens qui montaient dans son avion. Il était aussi extrêmement minutieux. S’il remarquait quoi que ce soit qui accrochait ou qui n’était pas à son goût, il ne volait pas. Il en était quasiment mémère!» confie Gilles Gauthier.

Hasard funeste

Romain Desrosiers avait obtenu sa licence en 2000 et il cumulait quelque 6000 heures de vol, dont environ 4000 sur les appareils de type Beaver.

Il était à l’emploi d’Air Saguenay depuis 14 ans et son père a aussi travaillé pour la même compagnie que lui.

Romain Desrosiers est celui qui a remplacé le pilote ayant péri dans un précédent accident impliquant Air Saguenay, survenu à Chute-des-Passes en juillet 2010, et qui s’était soldé par quatre décès, dont le pilote.

Sur le site web d’Air Saguenay, Romain Desrosiers est présenté comme faisant partie de l’équipe du hangar basé au lac Sébastien.

Le pilote était apparemment habitué à survoler le secteur où l’accident s’est produit dimanche. Il volait à Tadoussac depuis le début de l’été, et il ne s’agissait pas de sa première année à desservir le coin.

Gilles Gauthier a d’ailleurs fait une excursion avec lui dans le même secteur il y a quelques semaines à peine. «Ce n’est pas un secteur facile. Le décollage est très court et la montée doit se faire rapidement en raison des montagnes. Si un gars tombe en panne, il ne peut pas s’en sortir. Il y a juste des crans et des roches», fait-il valoir.

«Tu passes de 120 milles à l’heure à zéro en un claquement de doigts. Il n’y a rien pour amortir l’impact», ajoute son fils, Frédéric Gauthier.

Ce dernier n’avait d’ailleurs que de bons mots hier pour celui qui lui a donné la piqûre de l’aviation.

«Il savait transmettre sa passion. Sans lui, je n’aurais jamais volé de ma vie. Pour moi et mon père, c’était un mentor, c’est lui qui nous a tout montré», se rappelle avec tristesse M. Gauthier.

Un homme discret

Romain Desrosiers, comme les cinq autres victimes, n’a eu aucune chance de s’en sortir. Le petit hydravion rouge et blanc s'est lourdement écrasé contre une montagne rocheuse, près du lac Gobeil, à six kilomètres au nord-ouest de la municipalité Les Bergeronnes.

À Saint-David-de-Falardeau, où demeurait Romain Desrosiers, la nouvelle était difficile à accepter au lendemain de la tragédie.

«C’était un homme discret, qui faisait sa petite affaire. C’était impossible de ne pas l’aimer», raconte une dame, attablée au restaurant du village, à propos de celui qui était également père de deux enfants.

6 VICTIMES : 5 TOURISTES ÉTRANGERS ET LE PILOTE


Romain Desrosiers
Le pilote, de Saint-David-de-Falardeau, au Saguenay–Lac-Saint-Jean

Émilie Delaitre
Une Française résidant à Mandelieu-la-Napoule, sur la Côte d’Azur. La jeune femme de 28 ans travaillait dans le domaine de l'aviation pour HéliConcept, qui se spécialise notamment dans la gestion de la sécurité des vols, selon le site internet de l’entreprise.

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