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Clarifiez votre engagement, s’il vous plaît!

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Si la tendance se maintient, il se pourrait bien que les prochaines élections fédérales soient les dernières faites avec le vieux mode de scrutin hérité de l’époque coloniale. Pourquoi?

Si la tendance se maintient, il se pourrait bien que les prochaines élections fédérales soient les dernières faites avec le vieux mode de scrutin hérité de l’époque coloniale. Pourquoi?

Eh bien, parce que le NPD de Thomas Mulcair et le PLC de Justin Trudeau ainsi que le Parti vert promettent de remplacer le scrutin uninominal à un tour, démocratiquement infect (dixit René Lévesque), par un mode de scrutin de type proportionnel, qui ferait en sorte que chaque parti obtiendrait un nombre de députés équivalent à l’appui populaire recueilli.

Évidemment, il n’est pas surprenant que Stephen Harper ait choisi de maintenir le très britannique statu quo. Cependant, il est plus agaçant de constater que le progressiste Bloc québécois de Gilles Duceppe n’ait pas réussi à se positionner sur cet enjeu majeur qui concerne le caractère démocratique de la gouvernance politique du Canada et du Québec.

À ce moment-ci de la campagne électorale, il serait utile que les chefs de tous les partis d’opposition actuelle clarifient leur position.

Est-ce que le chef du Bloc québécois veut maintenir un système qui risque de le faire disparaître de la scène parlementaire dans deux mois alors qu’il obtient toujours l’appui d’un citoyen sur cinq au Québec, autant que les libéraux de Trudeau, et qu’au dernier scrutin fédéral il n’a obtenu que 1 % des sièges de la Chambre des Communes avec 6 % de l’appui de l’ensemble de l’électorat canadien?

Quant à Thomas Mulcair et Justin Trudeau, ils doivent prouver maintenant que leur engagement est très sérieux et, qu’en conséquence, ils sont prêts à envisager pour l’avenir du Canada la présence régulière sinon permanente de gouvernements de coalition alors que, pour l’instant, ils sont disposés, par leur refus répété d’envisager une coalition gouvernementale, à laisser Stephen Harper en poste à la tête d’un possible gouvernement minoritaire.

Au Canada comme au Québec, la priorité dans le domaine des institutions démocratiques n’est pas de réformer ou d’abolir le Sénat. L’urgence est de faire en sorte que la démocratie représentative, nécessairement plurielle et équitable, cesse d’être une fiction pour devenir enfin une réalité. Et, que le Canada cesse d’être une monarchie élective toujours choisie par une minorité de la population!