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Finis les devoirs à la maison. Vive les devoirs à l'école!

Finis les devoirs à la maison. Vive les devoirs à l'école!
Photo Archives / Agence QMI

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Un récent sondage révèle que les devoirs à la maison représentent un problème quotidien pour 82% des parents et au moins 30% des élèves ne les font pas. Cela ne surprend guère. Les parents d’aujourd’hui travaillent de longues heures ; le temps pour les devoirs manque. En plus, les méthodes d’enseignement et d’apprentissage ont changé à un tel point que les parents ne s’y retrouvent plus. Il y a une solution à ce problème : éliminer les  devoirs à la maison et instaurer la pratique des devoirs à l'école.

J’entends déjà les hauts cris : « vous déresponsabilisez les parents qui doivent s’intéresser à ce que font leurs enfants à l’école et vous prônez la loi du moindre effort ; de plus, les devoirs sont nécessaires pour apprendre ». Alors, mettons les choses au clair : je ne suis pas contre les devoirs. Je suis contre les devoirs à la maison. Les devoirs peuvent, à certaines conditions, être un excellent exercice de consolidation de ce que les élèves apprennent en classe.

Pour ce qui est des parents,  je ne vois pas en quoi les devoirs les rapprocheraient de l’école, et encore moins de leur enfant,  alors que la vaste majorité  vivent les devoirs comme un stress quotidien ! Insérer les fichus devoirs entre le retour à la maison après le boulot, le ramassage du petit dernier aux services de garde, le souper à préparer et à gérer avec, en prime, un enfant qui, comme vous, a sa journée dans le corps et qui ne veut rien savoir relève de l’exploit. Encore plus si vous êtes monoparentale ou si votre conjoint arrive du bureau à 20:00 heures.... C’est la croix et la bannière. L’école prend alors un goût amer pour les parents et les enfants.

Par ailleurs, contrairement à ce que l’on pourrait croire, plusieurs avis et études, le Conseil supérieur de l’Éducation en tête, arrivent à la conclusion que les devoirs à la maison n’améliorent pas les résultats scolaires.  Peut-être un peu au secondaire, mais pas du tout au primaire notamment parce qu’a cette période de leur développement les enfants sont moins autonomes et ont plus besoin de supervision ou d’aide.

En plus,  les devoirs défavorisent les enfants dont les parents sont moins scolarisés, maîtrisent moins bien le français et n’ont pas les moyens de se payer de l’aide. Autrement dit, cette pratique des devoirs à la maison creuse davantage l’écart entre les élèves de familles défavorisées, sous-scolarisées ou allophones et les autres. C’est ce pourquoi les Français ont depuis longtemps adopté une loi interdisant les devoirs écrits à la maison. Affirmer haut et fort l’égalité des chances entre les enfants devient un concept creux si en même temps on défavorise systématiquement certains groupes d’enfants.

Alors que faire ? Tout simplement ajouter entre 30 à 45 minutes de devoirs à l’école sous la supervision de personnes compétentes capables d’aider patiemment et efficacement tous les élèves dans la consolidation de leurs apprentissages. Et pour garantir l’équité entre les élèves, doter les écoles de personnel supplémentaire là où les besoins sont les plus grands. Cela aurait aussi l’avantage de mieux apparier les horaires scolaires à ceux des parents. Depuis le temps que les gouvernements annoncent qu’ils investiront davantage dans le soutien aux devoirs, il est plus que temps que les bottines suivent les babines et que ce virage soit enfin pris. « Mais, l’austérité, les coupures !» allez-vous me dire.  Ma réponse : les coupures sont inacceptables en éducation. Elles relèvent de la bêtise.