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Rebâtir l’expertise interne en informatique : les partis à l’unisson

Martin Coiteux a pesé ses mots en martelant qu’il voulait s’occuper de l’avenir et tourner la page sur le passé qu’il «ne trouve pas drôle».
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Martin Coiteux a pesé ses mots en martelant qu’il voulait s’occuper de l’avenir et tourner la page sur le passé qu’il «ne trouve pas drôle».

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Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) saluent l’intention du gouvernement Couillard d’ajouter 1000 fonctionnaires pour réduire sa dépendance aux firmes privées en informatique.

Mercredi matin, notre Bureau d’enquête révélait que Québec se préparait plus concrètement à regarnir son expertise à l’interne avec une telle mesure. Soulignons que les consultants privés dans ce domaine ont coûté près d’un milliard de dollars l’an dernier.

Le PQ s’est montré «satisfait» de cette nouvelle. «Il y a longtemps que nous réclamons des actions concrètes pour que l’appareil gouvernemental retrouve son expertise en informatique», a expliqué le service des communications de l’aile parlementaire du parti.

Cependant, le parti attend avant de se réjouir. «Les libéraux ont promis la même chose (970 postes) au ministère des Transports [en 2011] et nous attendons toujours.»

La CAQ de son côté reconnaît qu’il s’agit d’une «bonne nouvelle». Mais le porte-parole caquiste sur les dossiers informatiques, Éric Caire, évalue que l’initiative sera inutile si les salaires des fonctionnaires en informatique ne sont pas augmentés.

 

Martin Coiteux a pesé ses mots en martelant qu’il voulait s’occuper de l’avenir et tourner la page sur le passé qu’il «ne trouve pas drôle».
Photo Rainier Ehrhardt

Inutile si pas mieux payé

«Demain matin, si l’on va faire le tour des écoles en informatique, on va trouver 1000 candidats. Mais on va se retrouver seulement avec des gens sans expérience, à la merci des consultants privés. Le gouvernement deviendra une école de formation pour les entreprises privées. Quand ils auront plus d’expérience, ces fonctionnaires vont passer au privé, car l’écart salarial se creuse après cinq ans», explique-t-il.

«La clef, c’est la négociation sectorielle. La loi permet d’offrir de meilleurs salaires dans certains secteurs. Ce n’est même pas obligatoire d’accoter le salaire du privé considérant les conditions et avantages dans la fonction publique. Mais ces avantages ne compensent pas les 15 000 $ à 18 000 $ de différence par année à l’heure actuelle. La bracket n’est pas concurrentielle.»

Selon lui, Québec doit octroyer 1000 postes d’ici deux à trois ans et il doit y avoir un tiers d’employés expérimentés (plus de huit ans d’expérience), un tiers de travailleurs de calibre intermédiaire (de quatre à huit ans) et un tiers de débutants (moins de quatre ans).

Coiteux veut améliorer l’interne

Pour sa part, le président du Conseil du trésor n’a pas voulu commenter le chiffre de 1000 révélé par notre Bureau d’enquête. Il a toutefois réitéré son intention de rebâtir l’expertise interne.

«Ce qui est important, c’est que l’État regagne davantage d’expertise dans le domaine informatique. C’est dans les grandes lignes de notre stratégie», a-t-il lancé en point de presse.

Bien qu’il soit en mode réduction de la fonction publique en général, il souligne que cela ne veut pas dire que «dans tous les secteurs, ce sont les mêmes besoins» et, en informatique, il rappelle vouloir réduire la dépendance à l’externe.

Il affirme avoir déjà montré de l’ouverture pour bonifier des salaires, mais prévient que les capacités financières de l’État sont limitées. «Eux [syndicats] s’imaginent qu’on a une énorme poche d’argent qui s’appelle le Trésor et ils pensent qu’ils peuvent aller en tirer davantage là-dedans. La vérité, depuis que je suis en poste, je l’ai regardé, le Trésor, et il n’y a pas grand-sous dedans.»