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Les Québécois veulent accueillir les Syriens chez eux

Pierre Tremblay Syriens
Photo courtoisie Pierre Tremblay, 52 ans, à gauche, sa femme, Ghyslaine Gauthier (portant un chandail rayé), et leurs employés ont décidé de parrainer ensemble une famille syrienne pour immigrer au Québec.

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Touchés par la photo du petit Aylan échoué sur la plage, de nombreux Québécois se sont offerts pour aider des familles syriennes à immigrer au Québec.

«C’est la photo qui a été l’élément déclencheur. J’ai des enfants de cet âge et ça m’a profondément choqué. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose», assure Pierre Tremblay, un entrepreneur de Berthierville.

Le père de famille de 52 ans a pris sa résolution au pied de la lettre. En 24 heures, il avait appelé le ministère de l’Immigration au Québec et l’association Action Réfugiés Montréal pour savoir s’il pouvait parrainer une famille entière. «C’est un peu les 12 travaux d’Astérix. J’ai passé ma matinée au téléphone», confie-t-il.

Il n’est pas le seul. À Action Réfugiés Montréal, le téléphone ne dérougit pas.

«Depuis ce matin, on a des appels de partout, des gens qui disent qu’ils veulent aider. Il y a vraiment une réaction émotive face à la situation», constate Paul Clark, président de l’organisation.

Les démarches pour faire venir des familles syriennes au Québec sont toutefois longues et coûteuses.

Les familles doivent être parrainées par une association spécialisée ou des résidents sur place. Cela signifie qu’ils doivent être financés pendant une année au moins. Le montant requis pour une personne est de 12 000 $, qui lui sera reversé au fur et à mesure de l’année. Le coût décroît toutefois à chaque personne additionnelle.

En 2014, les demandes de parrainage collectif, un programme qui permet à plusieurs personnes de s’associer pour effectuer les démarches, ont augmenté de 350 pour cent par rapport aux années précédentes, selon le ministère de l’Immigration. Le processus pour traiter une demande peut prendre jusqu’à un an et les associations croulent sous la charge de travail.

Parrainer soi-même

Aidé d’amis et d’employés, Pierre Tremblay, a donc décidé d’entreprendre les démarches lui-même.

«J’ai parlé à des gens de mon entreprise et des amis. On est déjà quatre à vouloir s’associer pour parrainer», dit-il. La limite est établie à cinq.

L’entrepreneur, spécialisé dans la fabrication métallique, compte même aider la famille à se loger une fois arrivée au Québec et lui offrir du travail dans son usine si nécessaire.

«Je sens que c’est un devoir en tant que Québécois. On est tellement privilégiés. Et puis l’immigration, c’est une richesse», estime-t-il.

Ce qui le rebute n’est pas tant l’argent que le temps nécessaire pour effectuer les démarches administratives. «Heureusement, une de nos amies se joint à nous et va s’en occuper, dit-il. Même si ça prend du temps, on n’abandonnera pas.»