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Moins d’impôts, plus de taxes: Québec annonce une réforme fiscale

Carlos Leitao
Photo d'Archives

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Le gouvernement Couillard a l’intention de baisser les impôts et d’augmenter les taxes à la consommation, une «réforme fiscale majeure» qui pourrait être mise en branle dès l’an prochain et qui s’inspire largement du rapport Godbout sur la fiscalité.

«C’est mon intention de faire ça. Je vous mets au défi de consulter 95 % des économistes: ils vont vous dire qu’un tel changement de taxes mixtes c’est la chose la plus logique et efficace à faire», a lancé le ministre des Finances Carlos Leitao jeudi, en marge d’une commission parlementaire qui analyse l’étude de plus de 600 pages rédigée par Luc Godbout et son équipe.

La réforme proposée par le fiscaliste Godbout préconise une réduction de l’impôt sur le revenu des particuliers de près de 4,4 milliards $. En contrepartie, Québec hausserait la TVQ, les taxes sur la bière, l’essence et les cigarettes ainsi que les tarifs d’hydroélectricité.

Controverse

L’idée est toutefois controversée. L’opposition craint une chute des revenus de l’État causée par une diminution de la consommation et l’usage de plus en plus important du commerce électronique. Des groupes sociaux dénoncent ces modifications qui rendraient la fiscalité «régressive» et qui appauvrirait la classe moyenne. Les commerçants déplorent cette réforme qui plomberait davantage selon eux le commerce au détail.

Plus efficace

Or l’idée plait beaucoup au ministre Leitao, qui compte la défendre et veut convaincre la population de son bienfondé. «C’est neutre pour l’État et les revenus, mais ce changement rend notre système plus efficace et performant. Mon intention est de mettre en application les réformes proposées par le rapport Godbout. Pour baisser l’impôt sur le revenu, il faut la financer par une hausse de taxe à la consommation», a-t-il expliqué aux journalistes.

Il rejette les critiques du revers de la main et croit que la question des achats en ligne va se régler par une entente avec le gouvernement fédéral. De plus, une baisse de l’impôt encouragerait les Québécois à travailler davantage et rendrait l’économie québécoise plus efficace. Il se donne maintenant la «mission» de «dégager un consensus» et de «convaincre le plus grand nombre d’acteurs».

Combien vous payez, et combien vous payerez

Taux d’imposition actuel:

  • Moins de 41 935 $ : 16 %
  • 41 935 $ à 83 865 $ : 20 %
  • 83 865 $ à 102 040 $ : 24 %
  • 102 040 $ ou plus : 25,75 %

Barème proposé par la commission Godbout

  • Moins de 18 000 $ : 13 %
  • 18 000 $ à 30 000 $ : 14 %
  • 30 000 $ à 40 000 $ : 16 %
  • 40 000 $ à 55 000 $ : 18 %
  • 55 000 $ à 75 000 $ : 20 %
  • 75 000 $ à 85 000 $ : 22 %
  • 85 000 $ à 120 000 $ : 24 %
  • 120 000 $ à 150 000 $ : 25 %
  • 150 000 $ ou plus : 25,75 %

Le Parti québécois soutient que cette réforme fera des perdants: les retraités et la classe moyenne inférieure, qui gagne trop pour recevoir le crédit d’impôt solidarité, mais pas assez pour recevoir une baisse d’impôt significative.

«Les gens qui sont retraités ou qui approchent de la retraite sont clairement des perdants: on va diminuer le poids des impôts sur le revenu puis on va augmenter les taxes à la consommation alors qu’ils n’ont plus de revenus», dit le député Nicolas Marceau.