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Les prouesses du géant de Saint-Nérée

Les prouesses du géant de Saint-Nérée
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Gabriel Marcoux-Chabot, alias Banane rebelle pendant le conflit étudiant de 2012, vient tout juste de lancer Tas d’roches, un roman absolument époustouflant racontant l’histoire incroyable d’Elgros, un «géant de rurale appartenance» dont les prouesses vont marquer à jamais Saint-Nérée-de-Bellechasse.

L’écriture réjouissante de Gabriel, quelque part entre la prose plus grande que nature de Rabelais et la spontanéité de Fred Pellerin, démontre à la fois son talent de conteur et sa maîtrise des techniques narrative. Il utilise le français, le vieux français, le parler québécois, le chiac et l’innu pour raconter cette histoire extraordinaire bourrée de répliques savoureuses.

«Ce qui m’est apparu en premier, c’est l’ancrage géographique et social de Saint-Nérée et Bellechasse. C’est là que j’ai passé 18 ans de ma vie. Mes souvenirs d’enfance et d’adolescence sont tous ancrés là. J’ai eu le goût de me plonger dans ce Bellechasse que je connaissais, mais d’aller plus loin», dit-il en entrevue, de la galerie de sa nouvelle résidence de Canton Tremblay, dans la campagne de la région du Saguenay.

Son livre est donc la «chronique extraordinaire et véridique d’un village où le ciel est plus clair qu’ailleurs, les femmes plus belles et les hommes plus larges et plus forts». Il raconte les faits et gestes d’un héros, un solide gaillard vite surnommé «Elgros», adopté par un couple de Saint-Nérée. Les prouesses du «champion de fond de rang» sont racontées avec humour, dérision et une formidable maîtrise de l’écriture.

Hommage à Saint-Nérée

Gabriel connaissait tout le fond de bois et la rivière de Saint-Nérée, et le rapport à la nature. Mais d’autres sujets abordés dans le livre – les courses de démolition et la mécanique automobile – étaient nouveaux pour lui. «J’avais 23 ou 24 ans quand j’ai pris mon permis et je n’avais jamais assisté à une course de démolition avant d’écrire Tas d’roches... mais ça fait partie de la culture des gens de la place.»

Il assure que le livre est une espèce d’hommage à cette région et à son père Jean-Louis Chabot, directeur général de la municipalité pendant plusieurs années.«Cette région m’a beaucoup donné pendant 18 ans et moi, je veux lui rendre quelque chose en retour. Rendre hommage à la place et aux gens qui l’habitent. J’ai l’espoir secret de mettre Saint-Nérée sur la “mappe” et le faire exister comme village dans l’imaginaire collectif.»

Gabriel exagère certaines choses... mais d’autres sont vraies. «Le ciel est plus clair qu’ailleurs et il y a une qualité d’air pur à cause des forêts et de la situation géographique. C’est un lieu où il fait bon vivre pour vrai.»

Elgros

Le personnage de Tas d’roches, «Elgros», est né d’un de ses amis du secondaire. «Je suis parti de sa physionomie et je lui ai volé des éléments de son passé. J’ai jasé avec ce gars qui m’a autorisé à piger dans son passé d’enfant adopté du Chili. Après, il s’est mis à grandir et à gonfler dans mon imaginaire...», ajoute Gabriel.

Ce personnage spectaculaire avait besoin de plus d’une voix ou «d’une âme» pour en rendre compte.«C’est une rencontre de plusieurs choses qui se superposent et qui, à un moment donné, vont entrer en conflit.» Il y a donc trois voix qui racontent Tas d’roches: une voix médiévale, chevaleresque, une voix de la nature (mélange de français et innu) et la voix narrative rabelaisienne. «Le mot excès définit toute l’écriture du roman, à la fois dans le foisonnement des mots, dans la longueur des énumérations, dans l’exagération des personnages.»

  • Gabriel Marcoux-Chabot est étudiant au doctorat en études littéraires à l’Université Laval.
  • Pendant le conflit étudiant de 2012 il s’est fait remarquer en incarnant le personnage de Banane rebelle.
  •  Éditeur, il a fondé La nef des fous et publie les textes issus d’un atelier d’écriture qu’il a lui-même élaboré (Les héritiers du fou).
Gabriel Marcoux-Chabot
Les prouesses du géant de Saint-Nérée