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Matricule 728: Stéfanie Trudeau ne regrette rien

Stéfanie Trudeau
Prise d'écran, TVA Nouvelle Stéfanie Trudeau

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MONTRÉAL - Pour la première fois depuis ses interventions musclées, la policière Stéfanie Trudeau a raconté sa version des faits en entrevue.

Dans un entretien accordé à l’animateur Denis Lévesque, sur les ondes de LCN lundi soir, celle que l'on connaît comme la matricule 728 dit n’avoir fait que son travail de policière. Elle a maintenu sa version à l’émission de Paul Arcand au 98,5FM, mardi matin.

«J’étais dans une situation dangereuse en pleine émeute. J’avais des ordres de dispersion. Ces gens refusaient de quitter. Ils attaquaient les chevaux et les policiers. Quand on a des ordres pour libérer le trottoir, on doit réagir en tant que policier. Des décisions pas toujours faciles, mais nécessaires», explique-t-elle à la radio.

Stéfanie Trudeau s’est fait connaître lors de ses interventions pendant les manifestations étudiantes du printemps 2012. En vidéo, on la voit asperger les manifestants de poivre de Cayenne, au centre-ville de Montréal.

Mais elle se défend sur la façon dont elle s’y est prise. «Jamais on ne voit que je pète ma coche. Je suis toujours calme. Je ne crie pas. Je ne sacre pas», dit la policière, qui a publié un livre récemment pour raconter son côté de la médaille.

Ensuite, c'est l'arrestation musclée filmée sur la rue Papineau, pour laquelle la policière fait d'ailleurs face à des accusations criminelles, qui l'a propulsée au triste rang de célébrité.

«Tout ce que je peux dire, c'est qu'on m'a reconnue, qu'on m'a entravée, on m'a agressé physiquement parce que j'étais l'agent 728», dit-elle à Denis Lévesque.

Malgré tout ce tumulte, Stéfanie Trudeau ne regrette rien et déplore que la vidéo ne montre pas la totalité de son intervention.

«On m'a traité de tous les noms. Ça n'a pas été filmé, évidemment. Quand l'individu est parti en haut chercher la caméra, il y avait déjà un grand bout de l'intervention de fait. La preuve, c'est qu'il y en avait déjà un de menotté. Et le gros de l'intervention s'est produit au menottage de l'individu, alors qu'on avait le dos tourné et que ces gens-là en ont profité», affirme la policière à l’émission de télévision.

L’agente Trudeau a expliqué à l’émission de Paul Arcand qu’elle avait pourtant demandé à ses supérieurs de ne pas retourner travailler sur le Plateau. «J’ai dit, c’est sûr qu’on va m’attendre, dit-elle. Mais l’état-major en a décidé autrement.»

Elle reproche également au Service de police le manque de formation. «De la formation au SPVM, on en a en rentrant et à chaque équipement qu’on reçoit. C’est tout. Je ne suis pas un policier anti-émeute. On ne peut pas demander le même niveau de rendement à un patrouilleur qu’un anti-émeute. Dans des moments comme ça, c’est le chaos, on n’a pas de support, pas d’eau. On est laissé à nous-mêmes», dit celle qui assure n’avoir jamais dépassé la ligne ou s’être emportée pendant ses interventions.

Stéfanie Trudeau estime finalement que le chef du SPVM ne l'a pas défendue dans toute cette affaire pour laquelle elle est accusée de voies de fait. Son procès est prévu en 2016.

- Avec l'Agence QMI