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Faut-il transférer Revenu Québec au fédéral?

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Je n’en suis pas encore revenu! Je ne parle pas de la recommandation de la commission Robillard de transférer au fédéral une partie des activités de Revenu Québec, Lucienne Robillard ne s’étant jamais distinguée par son sens politique.

Je n’en suis pas encore revenu! Je ne parle pas de la recommandation de la commission Robillard de transférer au fédéral une partie des activités de Revenu Québec, Lucienne Robillard ne s’étant jamais distinguée par son sens politique.

Non, je parle du fait que le premier ministre Philippe Couillard n’a pas immédiatement rejeté cette suggestion saugrenue, comme l’aurait fait n’importe lequel de ses prédécesseurs libéraux.

Surréaliste

Dans une chronique intitulée «Abolir Revenu Québec?», je vous disais en juin que, face à une opposition péquiste qui veut faire l’indépendance, il serait surréaliste que le premier ministre transfère à Ottawa la perception des impôts québécois. Mais je commence à avoir des doutes, l’insensibilité identitaire de M. Couillard semblant sans limites.

Rappelons que ce ne sont pas des aspects techniques ou des économies à réaliser qui sont avant tout en jeu ici. C’est carrément l’étendue du pouvoir contrôlé par une majorité francophone.

Y compris ce droit à l’autodétermination réaffirmé par Robert Bourassa et auquel le premier ministre Couillard devrait tenir comme à la prunelle de ses yeux. Imaginez que nos petits-enfants veuillent faire l’indépendance alors que le Québec aurait perdu l’expertise de la perception de ses impôts bêtement abandonnée à Ottawa...

Tant qu’à y être, pourquoi ne pas abolir le gouvernement québécois lui-même, mégadédoublement coûteux s’il en est un du gouvernement fédéral ?

Pour justifier sa recommandation, la commission Robillard ne se base même pas sur l’inefficacité de Revenu Québec. Le bilan est fort nuancé là-dessus, l’organisme ayant parfois surpassé son homologue fédéral ces dernières années.

Approche comptable

On ne nous parle que d’éliminer un dédoublement nous coûtant inutilement des centaines de millions. Ce raisonnement exclusivement comptable manifeste un oubli total des raisons pour lesquelles on a adopté un régime fédéral au Canada. Tant qu’à y être, pourquoi ne pas abolir le gouvernement québécois lui-même, mégadédoublement coûteux s’il en est un du gouvernement fédéral?

La vraie question est de savoir jusqu’où la centralisation doit aller au pays, au profit d’institutions où les francophones sont en minorité. Toutes les provinces, sauf le Québec et l’Ontario, font déjà assurer contre rémunération leurs services de police par la GRC, alors que le gouvernement Harper essaie de créer une seule Commission des valeurs mobilières à Toronto.

Quant à moi, souvenir de l’époque où j’étais conseiller en relations fédérales-provinciales pour le Québec, je n’oublie pas la mise en garde d’un fonctionnaire d’une province dont les impôts étaient perçus par Ottawa: «Les impératifs techniques d’Ottawa en ce domaine limitent de facto, dans une optique pancanadienne, la marge de manœuvre fiscale de notre province».

Au lieu d’envisager de céder à Ottawa le pouvoir québécois confié à sa garde, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, devrait s’attaquer à la réforme de notre administration publique, abandonnée à toutes fins utiles depuis une décennie.

Lecteurs cultivés

Plusieurs lecteurs m’ont souligné que celui qui a dit que la guerre était une chose trop sérieuse pour être laissée aux militaires n’était pas de Gaulle, comme je l’ai écrit dans ma dernière chronique, mais bien Clemenceau, le «Tigre» qui a fait gagner la Première Guerre mondiale aux Français. Cela fait plaisir de voir qu’on est lu par du monde qui connaît son histoire!

 

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