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Réforme fiscale: 800 M$ de plus pour les plus pauvres, croit l’IRIS

 Le chercheur Francis Fortier.
PHOTO COURTOISIE Le chercheur Francis Fortier.

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La réforme fiscale du gouvernement Couillard va appauvrir les moins nantis à moins qu’il ne leur verse 800 millions $ en crédit d’impôt, soutient l’Institut de recherche et d’informations socio-économique.

«Le ministre des Finances veut un consensus. Or il ne peut y avoir de consensus si on augmente les inégalités et c’est ce qui va arriver en augmentant la TVQ», affirme le chercheur Francis Fortier, qui présentait le mémoire du groupe de réflexion de gauche en commission parlementaire sur l’étude du rapport Godbout, jeudi.

Commission Godbout

La commission Godbout recommande au gouvernement d’augmenter les taxes et de diminuer les impôts des contribuables. Le fiscaliste Luc Godbout estime que cela encouragerait le travail et donnerait un peu d’air à l’économie québécoise. L’idée plaît au ministre Carlos Leitao qui a annoncé la semaine dernière qu’il souhaite la mettre en place en 2016.

Or la TVQ est jugée régressive par plusieurs observateurs puisque tous les Québécois doivent payer le même taux, contrairement à l’impôt sur le revenu qui s’ajuste au niveau de richesse. M. Godbout propose déjà une augmentation du crédit d’impôt pour solidarité de 300 M$, mais ce n’est pas suffisant pour l’IRIS.

« Corissance de l’inégalité »

«Selon notre modèle, il y a quand même une croissance de l’inégalité», estime M. Fortier. Il suggère plutôt de gonfler le crédit d’impôt de 800 M$ et de financer cette mesure fiscale par une diminution moins importante des impôts des mieux nantis.

Il s’oppose aussi à la hausse des taxes sur l’essence, la bière, les cigarettes et sur une augmentation des tarifs d’Hydro, un tribut qui touche «tout le monde».

Le chercheur salue par ailleurs le ménage dans les abris fiscaux proposés par Luc Godbout.

«Nous ne sommes pas d’accord avec les fondements de la réforme fiscale, mais nous jouons le jeu plutôt que de dire que nous sommes simplement contre», ajoute M. Fortier, qui croit que le mémoire de son organisme a été bien reçu par le ministre Leitao.