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Centre Vidéotron: la gestion par lots, recette miracle?

Yellow Construction Machine - Cut Out
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Pour son plus gros projet de construction des dernières décennies, la Ville de Québec a choisi une méthode de gestion exigeante, mais qui peut être payante, selon un expert.

Au départ, Québec devait scinder son projet de construction en deux contrats majeurs: un pour l’entrepreneur général et l’autre pour la firme d’ingénierie, comme cela se fait traditionnellement.

Mais rapidement, la Ville a changé son fusil d’épaule pour procéder plutôt par petits lots, 55 en tout, qu’elle gérait à la pièce. C’est ce qu’on appelle la gestion par lots.

« On a été très sévères,
durs même, dans nos
appels d’offres et dans
les choix qu’on a faits. »
– Régis Labeaume

François Des Rosiers, professeur à la faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval et spécialiste en économie et gestion urbaine, explique qu’il s’agit d’une «approche utilisée pour l’estimation et la gestion des coûts d’un projet immobilier complexe, qui implique plusieurs blocs de tâches et qui fait appel à des expertises diverses et souvent très spécialisées».

Suivi serré

Aussi appelée «estimation ascendante», cette méthode consiste à découper le travail à réaliser en activités, ou «lots de travaux», et à procéder à une estimation détaillée, pour chaque lot, des coûts en main-d’œuvre et en matériaux, des coûts d’équipements et des frais d’installation, ajoute-t-il. Chaque lot est supervisé par un responsable qui assure un suivi auprès du gestionnaire du projet.

«Cette approche est plus exigeante qu’une estimation de type globale, mais elle permet des estimations plus précises et un suivi plus serré des dépenses, qui peuvent aboutir à des économies substantielles. Elle permet par ailleurs au gestionnaire du projet de répartir la maîtrise d’œuvre entre plusieurs firmes concurrentes via un processus d’appels d’offres publics indépendants pour chaque lot de travaux; d’où des économies additionnelles potentielles.»

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a soutenu en juin dernier que le mode de gouvernance et la «sévérité» du processus d’appels d’offres ont permis de réduire de 30 millions $ le coût du chantier. «On a été très sévères, durs même, dans nos appels d’offres et dans les choix qu’on a faits.»

Les villes devraient-elles procéder de cette façon plus souvent? Le professeur répond que cela n'est indiqué que dans des cas particuliers. «Cela se prête mieux aux projets d’envergure qui impliquent plusieurs activités et requièrent des expertises pointues.»