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L’Europe à la dérive

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Ouf! La crise des migrants en Europe nous rappelle à quel point nous sommes chanceux de pouvoir vivre en Amérique du Nord, ce continent relativement protégé par les deux immenses océans qui le bordent.

Ouf! La crise des migrants en Europe nous rappelle à quel point nous sommes chanceux de pouvoir vivre en Amérique du Nord, ce continent relativement protégé par les deux immenses océans qui le bordent.

Nous sommes également chanceux de vivre dans un pays qui n’a pas perdu le contrôle de ses frontières ni de son immigration. En cette campagne électorale, les Canadiens jouissent même du luxe de pouvoir choisir entre des partis politiques proposant différents niveaux d’accueil et de choix de réfugiés.

Incontournable géographie

Rarement la maxime voulant que tout État ait la politique de sa géographie n’aura été plus vraie que ces temps-ci. Car une des grandes différences entre l’Europe et l’Amérique du Nord est que l’Atlantique est pas mal plus difficile à traverser que la Méditerranée pour ces millions de malheureux aux portes du Vieux Continent.

Tous les bons sentiments ne sauraient tenir lieu de politique efficace d’accueil et d’intégration des migrants en Europe, un continent divisé et impuissant. 

J’espère être trop pessimiste, j’espère me tromper. Mais j’ai bien peur qu’une fois passée la grande vague de compassion qui a balayé l’Europe comme le reste de la planète, ce continent, qui n’allait déjà pas bien, s’enfonce dans un marasme aussi inextricable que dangereux.

Comment l’Europe pourra-t-elle accueillir et intégrer efficacement ces réfugiés de guerre, mais également ces migrants économiques dont le nombre ne peut qu’augmenter, alors qu’elle a perdu en partie le pouvoir de les contrôler et que de larges franges de sa population sont réticentes, pour ne pas dire plus?

Des pays comme la Hongrie et la Slovaquie ne veulent rien savoir de ce qu’ils assimilent aux invasions barbares de l’époque de l’Empire romain. Même dans les nations plus ouvertes aux réfugiés, comme l’Allemagne ou la France, le refus de l’immigration ne peut que progresser dans le climat insécurisant actuel, n’en déplaise aux élites politiquement correctes.

Les Britanniques veulent s’en aller

Une image décisive a été celle montrant la très réservée chancelière allemande Angela Merkel émue. Ce nouveau cœur de l’Europe qu’est l’Allemagne depuis le déclin de la France a ouvert toutes grandes ses portes, avec une étonnante générosité de même qu’une force tranquille forçant l’admiration.

Le problème est qu’à l’image du petit garçon mort sur la plage de Bodrum qui a ému l’Occident, ont succédé sur tous les petits écrans de la planète ces autres images de réfugiés accueillis chaleureusement en Allemagne. Cela gonflera forcément beaucoup le flot de migrants de toutes catégories et de toutes provenances, alors qu’on nous dit qu’il y a plus de 10 millions de déplacés dans la seule Syrie.

L’autre problème est que tous les bons sentiments de la terre ne sauraient tenir lieu de politique efficace d’accueil et d’intégration des migrants dans un continent divisé et impuissant, qui a perdu en partie le contrôle de ses frontières, un des premiers rôles des États sur le plan historique.

Cela n’augure rien de bon pour l’Europe. C’est ce que semblent penser en tout cas ces très pragmatiques et très réalistes Britanniques, protégés comme ils le sont par la barrière naturelle de la Manche – encore la géographie! Pour la première fois, un sondage montrait dimanche dernier qu’une majorité de Britanniques décideraient de quitter l’Europe si le référendum sur le sujet se tenait maintenant.

Qui les blâmera de vouloir rester à l’écart?

 

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