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Boisbriand: Robert Poirier et France Michaud trouvés coupables de corruption

Robert Poirier
Photo d'archives Robert Poirier

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Au terme du tout premier procès en matière de corruption dans le monde municipale, l’ancien maire de Boisbriand et l’ex-vice-présidente d’une compagnie de génie-conseil ont été reconnus coupables de fraudes, complot, et abus de confiance, mardi.

L’ex-maire de Boisbriand Robert Poirier et l’ex-dirigeante de la firme Roche France Michaud ont tous deux été déclarés coupables d’avoir participé à un stratagème d’octroi et de partage de contrats publics entre les entreprises Roche, BPR Triax et Groupe Séguin, de 2000 à 2009.

Le verdict a été rendu mardi matin par le juge Normand Bonin, de la Cour du Québec, au palais de justice de Saint-Jérôme.

En plus des trois chefs mentionnés, France Michaud a été reconnue coupable d’actes de corruption dans les affaires municipales.

La culpabilité de l’ancien maire, elle, se limite toutefois à 2005, année de sa démission.

Des cadeaux à profusion

Selon le juge Normand Bonin, les firmes de génie-conseil participaient à grands frais au financement du parti en place pour s’assurer l’obtention des contrats comme celui de La Maison du citoyen, de l’usine de traitement des eaux usées ou encore des contrats connexes au développement du Faubourg.

Les trois firmes, et surtout Roche, fournissaient tellement de cadeaux au maire et ses proches, «et ils représentent une telle valeur démesurée [...] qu’ils ne peuvent être qualifiés d’un geste rare», est-il écrit dans le jugement.

Il y en aurait eu pour plusieurs dizaines de milliers de dollars de billets de spectacles, de football, ou encore de hockey.

Le juge mentionne également des versements de ristournes à un proche du maire et de fausses factures envoyées par Roche à la Ville pour des travaux qui n’ont jamais été effectués. «Des dizaines de milliers de dollars sont en jeu», écrit-il.

Les deux accusés devront toutefois retourner en cour le 15 janvier prochain pour un rapport présentenciel.

Ils connaîtront seulement à ce moment-là la date à laquelle ils obtiendront leur sentence. La Couronne se félicitait d’ailleurs du verdict, mardi.

«On est satisfait d’avoir réussi à convaincre le tribunal de la justesse des accusations, indique la procureure Brigitte Bélair. Ça lance un message.»

Le maire persiste

Robert Poirier, lui, maintient sa version. «J’ai dit que j’avais respecté les règles de l’époque. Autres temps, autres mœurs», a-t-il réitéré à la sortie du tribunal.

Il entend réfléchir avant de faire appel. «Il faut savoir une chose, c’est extrêmement cher de se faire justice», dit-il.

 

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